18e Conférence Annuelle des Premiers Ministres Provinciaux, Déclaration préliminaire concernant « le chômage et la création d’emploi » (18-19 août 1977)


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Date: 1977-08-18
Par: Edward Schreyer
Citation: 18e Conférence Annuelle des Premiers Ministres Provinciaux, Déclaration préliminaire concernant « le chômage et la création d’emploi », Doc 850-8/015 (St. Andrews: 18-19 août 1977).
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DOCUMENT: 850—8/015

18e CONFÉRENCE ANNUELLE DES PREMIERS MINISTRES PROVINCIAUX

Déclaration préiiminaire concernant
“le chômage et la création d’emploi »
par
l’honorable E. Schreyer
premier ministre du Manitoba

St. Andrews, N.—B.
les 18 et 19 août 1977

MONSIEUR LE PRÉSIDENT,

IL Y A DEUX ANS, LORSQUE NOUS NOUS SOMMES RENCONTRÉS
A TERRE—NEUVE, DES PRESSIONS INFLATIONNISTES DE PLUS EN PLUS
FORTES MENACAIENT L’ÉCONOMIE CANADIENNE.

A L’ISSUE DE NOS DISCUSSIONS, NOUS EN ÉTIONS ALORS
ARRIVÉS À UN CONSENSUS QUANT À LA NÉCESSITÉ DE PRENDRE SANS
DÉLAI DES MESURES SPÉCIALES RADICALES POUR RÉGLER LE PROELEME,
ET D’APPLIQUER CES MESURES A L’ÉCHELLE NATIONALE. NOUS AVONS
PAR AILLEURS CONVENU QUE LE GOUVERNEMENT EEDERAL DEVAIT ASSU—
MER LE LEADERSHIP DANS LA LUTTE CONTRE L’INFLATION, TOUT EN
SOULIGNANT, CEPENDANT, QUE LES PROVINCES AVAIENT UN RÔLE
IMPORTANT A JOUER, ET QU’ELLES AVAIENT L’OELIGATION DE COLLA-
BORER A LA MISE EN OEUVRE D’UNE CAMPAGNE NATIONALE DE LUTTE
CONTRE L’INFLATION.

MOINS DE DEUX MOIS APRES LA CONFÉRENCE DE TERRE-
NEUVE, LE PROGRAMME ANTI—INFLATION ÉTAIT LANCÉ.

CE PROGRAMME, ANNONCÉ PAR LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL
EN OCTOBRE I975, ÉTAIT LOIN D’ÊTRE PARFAIT, IL VA SANS DIRE,
MAIS SA CREATION CONSTITUAIT UNE RÉPONSE SANS ÉQUIVOQUE A
NOS PRÉOCCUPATIONS. TOUTES LES PROVINCES, A TOUTES FINS
UTILES, ONT APPUYÉ EN PRINCIPE CETTE INITIATIVE, MALGRÉ
QUELQUES RESERVES IMPORTANTES DONT LA PLUPART SE SONT
RÉVÉLEES FONDÉES PAR LA SUITE

SI J’AI PARLÉ DE LA SITUATION QUI REGNAIT IL Y A
DEUX ANS, C’EST QU’A MON AVIS IL EXISTE BEAUCOUP DE SIMILA-
RITES ENTRE LES CONDITIONS QUI PRÉVALAIENT ALORS ET CELLES
QUE NOUS CoNNAIssoNs AUJOURD’HUI.

ON NE SAURAIT TROP INSISTER SUR LE FAIT QUE LE
CHÔMAGE EST UN PROELEME AUSSI SÉRIEUX QUE L’INFLATION. AUX
NIVEAUX PRESQUE RECORD ATTEINTS AU COURS DES DERNIERS MOIS,
LE CHÔMAGE MENACE TOUT AUTANT L’ÉCONOMIE QUE L’INFLATION IL
Y A DEUX ANS. PAR LE TRUCHEMENT DES PERTES DE PRODUCTION ET
DE REVENUS QU’IL ENTRAÎNE, LE CHOMAGE A UNE INSIDENCE DIRECTE
SUR TOUS LES CANADIENS.

LA PLUPART DES OESERVATEURS PRÉVOIENT QU’IL N’Y AURA
QUE PEU OU PAS D’AMÉLIORATIONS AU COURS DE L’ANNÉE QUI VIENT,
EN L’ABSENCE DE NOUVELLES MESURES. EN D’AUTRES TERMES LE CE8;
MAGE NATIONAL SE MAINTIENDRA A UN TAUX DE 8 %, PEUT—ETRE PLUS,

AU COURS DES SEIZE MOIS A VENIR AU MOINS. L’AUTOMNE ET L’HIVER
PROCHAINS SERONT SANS DOUTE DES SAISONS PARTICULIEREMENT DIFFI-
CILES. AVEC UN TAUX DÉSAISONNALISÉ S’ÉTABLISSANT A 8.1 % EN
JUILLET, ON A TOUTES LES RAISONS DE CRAINDRE QUE LE NOMBRE DE
CANADIENS SANS EMPLOI ATTEINDRA LE MILLION AU COURS DE L’HIVER.

PAREIL TAUX DE CHÔMAGE N’EST NI DÉSIRABLE, NI ACCEP-
TAELE. UN TAUX DE 4 %, BIEN QUE CE NE SOIT PAS LA L’IDÉAL,
CONSTITUERAIT UN OBJECTIF RAISONNABLE A NOTRE POINT DE VUE.

IL EST MAINTENANT ÉVIDENT QUE LE BUDGET FÉDÉRAL DU
PRINTEMPS DERNIER N’A PAS L’INCIDENCE POSITIVE QU’OTTAwA
ESCOMPTAIT. LORS DE LA PRÉSENTATION DE CE BUDGET, NOTRE GOUVER-
NEMENT A INDIQUE’QU’IL ESTIMAIT, A L’INSTAR D’AUTRES PROVINCES
JE CROIS, QU’ON ACCORDAIT TROP D’IMPORTANCE AUX STIMULANTS
FISCAUX EN VUE DE PROMOUVOIR LES INVESTISSEMENTS ET QU’ON NE
METTAIT PAS SUFFISAMMENT L’ACCENT SUR LA CRÉATION DE PROGRAMMES
AYANT UNE INCIDENCE IMMÉDIATE ET DIRECTE. JUSQU’À MAINTENANT,
NOS PREOCCUPATIONS SE SONT RÉVELÉES JUSTIFIÉES ET, COMME DÉJÀ
MENTIONNEÎ IL EST PEU PROBABLE QUE LA SITUATION S’AMÉLIORERA
DANS L’AVENIR PRÉVISIBLE. EN FAIT, IL Y A QUELQUES SEMAINES
SEULEMENT, LE PREMIER MINISTRE S’EST DIT PRÉOCCUPE PAR LE MANQUE
À RÉAGIR DU SECTEUR PRIVE VIS—A-VIS LES POSSIBILITÉS QUI LUI
SONT OFFERTES DANS LE BUDGET.

AU SUJET DE LA POSITION DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL, IL
IMPORTE DE CITER LE PROGRAMME CANADA AU TRAVAIL QUI ENTRERA
EN VIGUEUR CET AUTOMNE TEL QU’ANNONCÉ RÉCEMMENT. TOUTEFOIS,
ÉTANT DONNÉ QU’IL S’AGIT LA DE MESURES SPÉCIALES A COURT TERME
ET QUE LES FONDS SERONT RÉPARTIS DE FACON INAPPROPRIÉE, LE
PROGRAMME NE DÉBOUCHERA PAS SUR UNE RÉDUCTION SENSIBLE DU
CHÔMAGE.

UNE MEILLEURE SOLUTION A ENVISAGER CONSISTERAIT A
RÉTABLIR LES PRÊTS REMBOURSABLES EN PARTIE SEULEMENT CONSENTIS
POUR LA RÉALISATION DE PROJETS D’IMMOBILISATIONS. A L’ISSUE DE
LA CONFERENCE QUI S’EST TENUE A OTTAWA EN I974, LES PREMIERS
MINISTRES, DANS LEUR COMMUNIQUÉ, PRESSAIENT LE GOUVERNEMENT
FÉDÉRAL D’ÉTENDRE CE PROGRAMME. SI ON AVAIT DONNÉ SUITE A
CETTE RECOMMANDATION, LE CANADA NE CONNATRAÎT PEUT—ETRE PAS UN
CHÔMAGE AUSSI ÉLEVE’À L’HEURE ACTUELLE. NOUS PROPOSONS LA
CRÉATION D’UN PROGRAMME DE PRÉTS NON REMEOURSABLES DE CAPITAUX

D’IMMOBILISATIONS, ET D’UN FONDS D’ENTRE 300 ET 450 MILLIONS
DE DOLLARS A CETTE FIN.

LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DEVRAIT PAR AILLEURS NTUDIER
LES PRINCIPAUX PROJETS D’IMMOBILISATIONS TELS QUE LES PROJETS
ÉNERGÉTIQUES, LES PIPE—LINES ET L’NLECTRIFICATION DES CHEMINS
DE FER POUR S’ASSURER QU’ILS TOMBENT A POINQ QU’ILS RNPONDENT
AUX BESOINS ET CONTRIBUENT A RÉDUIRE LE CHOMAGE.
SI NOUS NE NOUS ATTAQUONÊ PAS BIENTOT AUX PROBLÈMES
A LONG TERME, NOUS CONTINUERONS INEVITABLEMENT DE PASSER D’UNE
« CRISE »A L’AUTRE SANS ESPOIR D’AMÉLIORER DNFINITIVEMENT LE NI-
VEAU DE VIE DES CITOYENS. LES DERNIÈRES ANNÉES NOUS ONT
ENSEIGNN CETTE LECON. NOUS PERDRIONS NOTRE TEMPS A DEBATTRE
LA QUESTION A SAVOIR SI C’EST L’INFLATION OU LE CHOMAGE QUI
CONSTITUE « LE PROBLÈME LE PLUS IMPORTANT ». LES DEUX PROBLÈMES
SONT IMPORTANTS ET LES GOUVERNEMENTS DES PRINCIPAUX PALIERS
DOIVENT COLLABORER DL FAçON PERMANENTE S’ILS VEULENT GARDER
L’ESPOIR D’EN VENIR A BOUT A LONG TERME.

JE SUIS ENCOURAGU DE CONSTATER QUE LE MINISTRE
FÉDÉRAL DES FINANCES AIT PROPOSÉ DE TENIR AU DÉBUT D’OCTOBRE,
UNE REUNION AU COURS DE LAQUELLE LUI ET SES HOMOLOGUES ETUDIE-
RAIENT LA SITUATION ÉCONOMIQUE NATIONALE. UNE TELLE RÉUNION
NE POURRAIT ÊTRE QUE PROFITABLE MAIS SA VALEUR SERAIT RESTREINTE
SI LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL N’ANNONCE PAS ENTRETEMPS, AU MOINS
EN TERMES GÉNÉRAUX, SES PLANS POUR CRÉER DE NOUVEAUX EMPLOIS.

LE GOUVERNEMENT DU MANITOBA A DÉUA FAIT SAVOIR QU’IL
ENTEND MAINTENIR AU COURS DE L’AUTOMNE SES PROGRAMMES SPECIAUX
POUR LA CRÉATION DIRECTE D’EMPLOIS. MIS EN OEUVRE AU DÉBUT DE
L’ÉTÉ, CE PROGRAMME S’EST AVÉRÉ UN FRANC SUCCÈS ET PLUSIEURS
PROVINCES AINSI QUE LE GOUVERNEMENT FEDERAL ONT DEMANDE A CON-
NAÎTRE LES DÉTAILS DES DIVERS ÉLÉMENTS DU PROGRAMME. C’EST AVEC
PLAISIR QUE NOS FONCTIONNAIRES FOURNIRAIENT DES RENSEIGNEMENTS
SEMBLABLES A TOUTE PROVINCE QUI EN FERAIT LA DEMANDE.

MALHEUREUSEMENT, TOUS LES GOUVERNEMENTS PROVINCIAUX
SAVENT TRÈS BIEN QUE LES PROGRAMMES NE PEUVENT CONTRIBUER QUE
DANS UNE CERTAINE MESURE A RÉGLER UN PROBLÈME ÉCONOMIQUE
D’ENVERGURE NATIONALE. SEUL UN EFFORT A L’ÉCHELLE NATIONALE
DIRIGN PAR LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL NOUS PERMETTRA DE LUTTER
EFFICACEMENT CONTRE LE CHOMAGE AU COURSDES PROCHAINS MOIS.

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