« Correspondance Parlementaire », Le Pays (4 mars, 1865)


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Date: 1865-03-04
Par: Le Pays
Citation: « Correspondance Parlementaire » Le Pays (4 mars, 1865)
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Correspondance Parlementaire.

Québec, 2 mars, 1865.

Mardi soir, comme il en avait été convenu, M. Dunkin a repris son discours contre le projet de confédération. La veille, il avait traité la question constitutionnelle, démontré les inconvénients qu’on ne tarderait à rencontrer lorsqu’on voudrait mettre en opération le nouveau système et fait contraster d’une manière tout à fait frappante la constitution des Etats-Unis avec l’informe projet du ministère.

M. Dunkin compléta sa magnifique revue par une démonstration parfaite de la nécessité où le gouvernement fédéral se trouverait d’avoir recours immédiatement aux taxes directes.

Les points sur lesquels il s’appuya pour prouver sa proposition sont les suivants sur lesquels il est bon d’appeler spécialement l’attention des habitants du pays :-

1o. Les revenus actuels sont basés sur un commerce que des causes exceptionnelles ont augmenté. Il y aura réaction. Elle est même commencée. Si le traité de réciprocité n’est pas continué, les exportations diminueront et par conséquent les importations éprouveront une réduction proportionnelle.

2o. Les produits des douanes diminueront par conséquent inévitablement. Or, les douanes constituent la principale partie de nos revenus.

3o C’est au moment où l’on a pour perspective certaine une diminution des revenus, que l’on se prépare à tripler les dépenses.

4o. L’on a promis aux provinces maritimes de diminuer le tarif dans le but de le rapprocher de celui qu’elles ont adopté et qui leur a suffi, parceque leur gouvernement n’a pas, comme le nôtre pour des fins de politique et d’influence locale commis des actes presqu’incessants de corruption et d’extravagance.

C’est au moment où l’on va diminuer le tarif qu’on s’engage à construire un chemin de fer qui coûtera de 12 à 20 ou 30 millions de piastres, qu’on s’engage à ouvrir des canaux vers le nord-ouest qui devront, d’après le système des contrepoids, coûter au moins autant.

6o. M. Galt a promis à l’Angleterre, afin de lui faire accueillir favorablement le projet de la conférence, de diminuer les droits de douane sur les marchandises anglaises. Tous les hommes d’État de la Grande-Bretagne, qui voient d’un bon œil le plan de confédération, appuient sur ce point là et félicitent le commerce de ce changement dans la politique des colonies de l’Amérique du Nord.

7o Certes, si l’on n’avait pas commencé à endetter la province, le peuple du pays pourrait entrevoir avec satisfaction une réduction dans les impôts qu’il paie sur les marchandises dont il a besoin. Mais, sous les circonstances actuelles, une diminution des taxes indirectes veut dire augmentation des taxes directes.

On a commencé à taxer le tabac, les liqueurs, les billets promissoires. Dès que cela ne suffira pas, on taxera la propriété.

C’est, malheureusement, seulement alors que le peuple comprendra combien il aura été trompé par les hommes qui ont capté sa confiance par des mensonges pour la trahir par intérêt personnel.

Cette partie du discours, où M. Dunkin traita les finances sous un point de vue général et sans encombrer ses arguments d’une masse de chiffres, parut faire un profond effet sur plusieurs membres de la Chambre.

Quand je dis qu’il a produit beaucoup d’impression, n’allez pas croire que je veuille un instant vous laisser entrevoir l’espérance qu’ils pourraient revenir à la raison, à un sentiment de leur devoir ! Oh ! non. Les serviles instruments du ministère ont fait leurs promesses, leurs conditions. Ils sont tous compromis. M. Cartier, qui, comme il l’adit, un jour, lui-même, en chambre, prend ses précautions d’avance et a le soin d’obtenir en toute affaire des engagements par écrit. M. Cartier tient ses amis par quelque corde fatale qu’ils ne sauraient rompre sans se compromettre. Il s’est assuré sa majorité. Il sait que ses amis, que lui-même, tous ceux qui voteront pour la confédération seront perdus dans l’opinion de leurs compatriotes.

Mais eux, comme lui, se moquent de l’opinion publique. C’est plus du pays qu’ils attendent leur récompense.

Un avenir peu éloigné, peut être, verra la punition de quelques coupables et fera connaître le prix que chaque traître réclame.

Je vous ai parlé à la hâte, mardi soir, de l’effet presque magique produit par la pétition de Montréal et d’un certain nombre d’autres localités dans votre district présentées contre la confédération. M. Cartier s’allait convulsivement, lorsque les longs replis de la supplique de ses concitoyens recouvraient en tous sens le parquet qui sépare les deux côtés de la Chambre. Il ne sut rien trouver dans son dépit que ses grossières invectives habituelles contre le riche Papineau !

L’effet de cette pétition, que Messieurs McGee et Cartier font mine de mépriser se voit d’une manière bien évidente par le redoublement d’efforts que fait l’administration pour presser l’adoption de son inique projet. Jamais encore on n’avait vu un ministère avoir recours à d’aussi vils moyens pour ravir au peuple le droit et l’occasion de faire entendre ses vœux sur une question qui décide à jamais de son avenir.

Je vous ai raconté déjà par quelle tactique, après avoir pris des engagements avec la chambre, le ministère veut les rompre au moyen de sa servile majorité.

Les indignes efforts ont été faits, hier, encore, pour faire accepter ses nouveaux arrangements. Mais, jusqu’à présent, sans succès.

Hier, à trois heures, diverses affaires de routine de peu d’importance occupèrent pendant quelques instants nos législateurs et le gouvernement guettait avec anxiété le moment où il pourrait ramener sur le tapis sa proposition de continuer les débats sans laisser à la Chambre le temps réservé pour les mesures ordinaires, lorsqu’un incident inattendu vint déranger les plans ministériels par la faute unique de l’un de ses plus dévoués et de ses plus chers partisans, M. Cauchon, lui-même qui, comme vous le savez déjà devait parler hier, après le dîner.

M. Dufresne d’Iberville avait, d’accord avec un avis préalable de motion, proposé « qu’il soit présenté une adresse à Son Excellence, demandant copie de tous ordres donnés par le gouvernement, ou aucun des départements publics, à [Cot?] pour papeterie, impressions ou tous autres services, avec un état du montant déjà payé ou du montant probable à payer pour ces services »

Cette demande eût été acceptée sans observation par toutes gens qui n’eussent rien eu à redouter. Mais il n’en fut pas ainsi. D’orageux débats auxquels prirent part les chefs de l’opposition et les principaux membres de l’administration, s’élevèrent et donnèrent lieu à des accusations et à des récriminations sur le patronage accordé à divers journaux par les administrations qui se sont succédées au pouvoir depuis un certain nombre d’années. M. Dufresne en offrant sa motion dit que le bruit s’était répandu dans le public que le gouvernement avait donné des ordres à MM. Côté et Compagnie, propriétaires du Journal de Québec, pour l’impression inaccoutumée de blancs pour des bureaux publics. Que si les bruits en question étaient fondés, il était juste que le public en soit informé ; que s’ils étaient erronés il était dû à M. Côté que le gouvernement les fit cesser.

Ces observations judicieuses et certainement inoffensives eussent dû suffire. Mais il n’en fut pas ainsi et M. Cauchon entra dans une grande fureur disant que cette motion n’était faite que pour insinuer que l’appui qu’il donne au ministère est payé par des faveurs au Journal. Il déclara solennellement qu’il n’a aucun intérêt pécuniaire dans le Journal de Québec ! Puis il fit un éloge ébouriffant de ses propres écrits, affirmant que nul n’ose le combattre, qu’il a une influence à nulle autre pareille dans le pays, etc., etc. Comme vous voyez, il est bien toujours le même.

M. Holton dit qu’il acceptait l’assurance de M. Cauchon que le gouvernement avait bien le droit, sous le système constitutionnel, de favoriser ses amis. Qu’il est juste que ceux qui soutiennent une administration aient exclusivement ses faveurs. C’est la coutume et personne n’a le droit s’en plaindre. Mais, lorsqu’un écrivain a combattu de toutes ses forces toute espèce de confédération, qu’il a posé en principe que toute confédération doit être reçue par ses compatriotes et que tout-à-coup il change de politique et approuve ce qu’il avait condamné jusque-là, et que dans le même temps un patronage extraordinaire est accordé par le gouvernement à la feuille qui change ainsi subitement de politique, le public a bien le droit de tirer ses conséquences des causes de ces transformations.

M.M. Dorion, Brown, McDougall, John Sandfield MacDonald, McGee et quelques autres échangèrent des paroles plus ou moins vives, puis M. Robitaille proposa pour amendement que les mots après « Excellence » dans la dite motion, soient retranchés, et qu’ils soient remplacés par les suivants : « demandant un état des comptes payés pour papeterie et impressions pour les départements publics, depuis le 1er janvier

1862 jusqu’à présent, et copies de tous ordres donnés à cet égard, et de toutes lettres et ordres sur ces sujets en la possession de shérifs, greffiers de la paix et autres officiers publics.

Les chefs de l’opposition et M. Dufresne ayant déclaré qu’ils n’avaient aucune objection à cet amendement, il allait être mis aux voix lorsque les heures vinrent faire ajourner les débats. L’orateur allait quitter le fauteuil et les membres se levaient lorsque M. Cauchon, qui avait traversé la Chambre, lança quelques paroles insultantes à M. Dufresne, qui lui répondit : Ceux qui disent cela ont menti. M. Cauchon essaya alors de frapper M. Dufresne au visage, mais M. White s’élança vers le député de Montmorency en lui disant : ….. que vous êtes, osez répéter ce que vous venez de faire !

Le membre de Cornwall et M. Dunkin firent appel à l’orateur qui fit sortir l’auditoire des galeries. Je ne puis vous raconter ce qui se passa ensuite. Je vous envoie seulement copie du procès-verbal inscrit au journal de la Chambre et qui vous démontre que, malgré son irrésistible et complaisante majorité, hostile à tout ce qui appartient à l’opposition, la Chambre a décrété que M. Cauchon s’est conduit …………………. enfin comme vous verrez au procès verbal; qu’il n’avoue avoir été l’insulteur et l’agresseur; qu’il désavoue le langage dont il s’est servi à l’égard de M. Dufresne et fait complète apologie. Enfin que de son côté le membre d’Iberville ne déroge rien.

Voici ce qu’on lit au Journal de la Chambre :

« Comme l’orateur est sur le point de quitter le fauteuil.

« L’honorable J. S. McDonald député de la ville de Cornwall, se lève de son siège et informe la Chambre qu’au moment où M. l’Orateur allait quitter le fauteuil, et avant qu’il l’ait laissé, l’honorable M. Cauchon, le député du comté de Montmorency, a échangé quelques paroles désagréables avec M. Dufresne, le député du comité d’Iberville; et que, pendant qu’ils se tenaient près l’un de l’autre en cette Chambre, il a vu l’honorable député du comté de Montmorency donner un coup de poing ou un soufflet sur la figure de l’honorable député du comité d’Iberville.

« Sur motion de l’honorable M. le procureur-général Cartier, il est

« Ordonné que l’honorable M. Cauchon, le député du comté de Montmorency, soit maintenant entendu à son siège en réponse à la dite déclaration.

« L’honorable M. Cauchon se lève alors de son siège, et dit : A la suite de paroles qui avaient été lancées d’un côté à l’autre de la Chambre, et qui ont été répétées par derrière le fauteuil de M. l’Orateur, je suis allé trouver l’honorable député d’Iberville, et l’honorable membre n’ayant demandé des explications à propos de certaines paroles dont je m’étais servi, me dit que je mentais. Je n’ai pas donné un soufflet à l’honorable membre; je n’ai fait que lui effleurer le nez avec mes doigts. Je comprends que je me suis rendu grandement coupable d’infraction des privilèges de la Chambre, et je demande en conséquence à la Chambre de vouloir bien accepter mes excuses pour avoir agi de la sorte, et de croire que je désavoue le langage dont je me suis servi envers l’honorable membre.

« Sur motion de l’honorable M. le procureur-général Cartier, il est

« Ordonné que la déclaration de l’honorable M. Macdonald, le député de la ville de Cornwall, soit entrée dans les journaux de cette Chambre.

« Sur motion de l’honorable M. le procureur-général Cartier, il est

« Résolu que l’honorable M. Cauchon est grandement coupable d’infraction des privilèges de cette Chambre.

« Sur motion de l’honorable M. le procureur-général Cartier, il est « Résolu que l’honorable M. Cauchon est grandement coupable d’infraction des privilèges de cette Chambre.

« L’honorable M. le procureur Cartier propose que l’explication et l’apologie contenues dans la déclaration de l’honorable Joseph Cauchon, le député du comté de Montmorency, faites devant la Chambre, ce jour, soient considérées comme étant une explication et une apologie suffisantes et satisfaisantes pour cette Chambre.

« L’honorable M. Holton propose pour amendement qu’avant que la chambre exprime son opinion quant à la suffisance ou l’insuffisance de l’apologie offerte par l’honorable M. Cauchon, le député de Montmorency, une déclaration par écrit par l’honorable M. Laframboise, le député du comté de Bagot, expliquant ce qui s’est passé en sa présence entre les parties immédiatement avant le soufflet donné à l’honorable député d’Iberville, soit entrée dans les journaux de cette Chambre.—Rejeté sur la division suivante :

Pour :—Messieurs Cameron (Ontario Nord), Coupal, Cowan, Dorion (Drummond et Arthabaska), Dorion (Hochelaga), Dunkin, Fortier, Geoffrion, Holton, Houde, Huntington, Joly Labrèque-Viger, Laframboise, Lajoie, Macdonald (Cornwall), Macdonald (Glengarry), Macdonald (Toronto Ouest), Macfarlane, McConkey, O’Halloran, Pâquet, Parker, Perrault, [Panliot?], Ross (Prince Édouard), Rymal, Scatcherd, Shanly, Smith (Durham Est), Wallbridge (Hastings Nord) et Wood.—32.

Contre :—Messieurs Alleyn, Archambault, Ault, Beaubien, Bell, Bellerose, Blanchet, Bown, Brousseau, Brown, Carling, procureur-général Cartier, Chapais, Cockburn, De Boucherville, Denis, DeNiverville, Dufresne (Montcalm), Dansford, Evanturel, Galt, Gaucher, Harwood, Howland, Jones (Leeds Sud), Knight, Langevin, LeBouthillier, Mackenzie (Oxford Nord), Magill, McDougall, McGee, McKellar, Pope, Poulin, Powell, Raymond, Robitaille, Ross (Dundas), Street, Sylvain, Walsh, Webb, Wells, Wilson et Wright (York Est).—47.

« La motion principale est alors adoptée sur la division suivante :

Pour :—Messieurs Alleyn, Archambault, Ault, Beaubien, Bell, Bellerose, Blanchet, Bown, Brousseau, Brown, Carling, procureur-général Cartier, Chapais, Cockburn, DeBoucherville, Denis, DeNiverville, Dufresne (Montcalm), Dansford, Evanturel, Galt, Gaucher, Harwood, Howland, Jones Leeds Nord et Grenville, Knight, Langevin, LeBouthillier, Mackenzie (Oxford Nord), Magill, McDougall, McGee, McKellar, Pope, Poulin, Powell, Raymond, Robitaille, Ross (Dundas), Street, Sylvain, Walsh, Webb, Wells, Wilson et Wood.—47.

Contre :—Messieurs Cameron (Ontario Nord), Coupal, Cowan, Dorion (Drummond et Arthabaska), Dorion (Hochelaga), Dunkin, Fortier, Geoffrion, Holton, Houde, Huntington, Joly, Labrèque-Viger, Laframboise, Lajoie, Macdonald (Cornwall), Macdonald (Glengarry), Macdonald (Toronto Ouest), Macfarlane, McConkey, O’Halloran, Pâquet, Parker, Perrault, Ross (Prince Édouard), Rymal, Scatcherd, Shanly, Smith (Durham Est), Wallbridge (Hastings Nord) et Wright (York Est).—31.

Ces divers procédés avaient conduit la chambre jusqu’à neuf heures et lorsque les portes se rouvrirent la motion du procureur-général du Haut-Canada touchant la confédération se trouvait l’ordre du jour. M. Cauchon avait la parole d’après la conversation de la veille. Mais vu la scène qui s’était passée et le jeûne forcé et inattendu qui en avait été la conséquence, il déclara qu’il ne parlerait pas ce soir et proposa l’ajournement. M. Cartier proposa alors un amendement ayant pour but de détruire l’engagement précédent du ministère et de faire commencer les débats à trois heures aujourd’hui.

De nouveaux discours accueillirent encore cet effort du gouvernement pour emporter la confédération. Plusieurs personnes prirent part à la discussion mais M. Eric Dorion se distingua par l’énergie et la franchise de ses observations. Il déclara que le public devait commencer à comprendre la tactique au moyen de laquelle le ministère voulait sauver ses amis de l’orage de colère et de reproches qui s’accumule sur leurs têtes de tous les points du Bas-Canada. Il rappela l’assemblée de St. Hyacinthe qui, à quelques pas de chez le député de ce comté, avait condamné la confédération ; celle de Chambly qui avait enjoint solennellement à son représentant de refuser son appui au ministère sur la fatale mesure qu’il veut imposer au pays; celles de Montcalm, de l’Assomption qui ont sommé péremptoirement les députés de ces localités de voter contre la confédération ou de résigner leurs sièges.

Mais ces appels chaleureux à la conscience des représentants ministériels ne trouvèrent que sourdes oreilles et furent accueillis par des cris de question. Le vote allait se prendre mais, M. Denis avait résolu de ne pas laisser partir les sténographes après une soirée presque tragique sans les amuser un peu. Aussi, se livra-t-il à une comique improvisaton dans le cours de laquelle, presque sufoqué par la colère, il s’écria: comment se font ces assemblées? Par des créatures qui sont des hommes qui parcourent les campagnes avec des imaginations dans la tête !……Enfin je ne vous en dirai pas plus long. Les malins rapporteurs se sont bien promis de se donner quelqu’jour la fête de publier un discours de Messieurs Denis et Bellerose mot à mot. Ils peuvent bien se permettre ce luxe innocent qui ne fera après tout que fournir au gouvernement l’occasion de nommer un employé de plus: celui d’inspecteur des esprits de la Chambre. Le professeur de Laval y pourra trouver la récompense de son vote en faveur de la confédération.

L’amendement de M. Cartier fut mis aux voix et emporté sur la division suivante qu’il est bon de conserver pour que le peuple sache quels sont ceux qui veulent l’empêcher de faire connaître ses intentions.

POUR:—Messieurs Alleyn, Archambault, Ault, Beaubien, Bell, Bellerose, Biggar, Blanchet, Bourman, Bown, Brousseau, Brown, proc.-gén. Cartier, Chapais, Cockburn, Cowan, DeBoucherville, Denis, DeNiverville, Dickson, Dufresne (Montcalm), Dansford, Evanturel, Galt, Gaucher, Gaudet, Gibbs, Higginson, Howland, Jackson, Jones (Leeds Sud), Knight, Langevin, LeBouthillier, Mackenzie (Lauipton), Mackenzie (Oxford Nord), Magill, McConkey, McDougall, McGee, McKellar, Morrison, Pinsonneault Pope, Poulin, Raymond, Robitaille, Ross (Dundas), Ross (Prince Édouard), Shanly, Smith (Durham Est), Smith (Toronto Est), Somerville, Thompson, Webb, Wells, White, Wilson, Wood, Wright (comté d’Ottawa), et Wright (York Est).—63.

CONTRE:—Messieurs Cameron (Ontario Nord), Coupal, Dorion (Drummond et Arthabaska), Dorion (Hochelaga), Dufresne Iberville, Dunkin, Geoffrion, Holton, Houde, Huntington, Huot, Joly, Labrèque-Viger, Laframboise, Lajoie, Macdonald, (Cornwall), Macdonald, (Glengarry), O’Halloran, Pâquet, Parker, Perrault, Pouliot, Raymal, Scatcherd, Sylvain, etWallbridge (Hastings Nord).—26.

Jeudi le 2 février.

Séance de 3 heures.

Après quelques affaires de routine l’hon. M. Dorion appelle l’attention de la Chambre sur le rapport de l’un des journaux dans lequel on a cité une accusation portée par M. Cauchon contre M. Dufresne et qui a été suivie de la scène dont la Chambre s’est occupée à huis clos hier au soir. Des insinuations semblables ont souvent été faites par le député de Montmorency et par d’autres membres du même parti. Le membre pour Iberville croit devoir y mettre un terme, en établissant comme il le peut faire par les documents en sa possession, que l’on agit à son égard avec la plus grande injustice.

L’hon. M. Brown dit que la Chambre n’a pas s’occuper de cela et que le membre d’Iberville pourrait se servir de la voie de la presse pour se justifier si on l’a attaqué.

M. Dorion réplique que les journaux ont rapporté des propos tenus dans cette Chambre et que M. Dufresne doit pouvoir se justifier dans la Chambre même où il a été attaqué.

M. Cartier demande que le public soit expulsé des galeries. D’après les règles de la Chambre l’orateur doit, sur la demande d’un seul membre, exiger l’évacuation des galeries.

L’assemblée siégea ensuite à huis clos et je suppose que l’honorable M. Dorion put donner des explications satisfaisantes et qui mettront fin aux insultes de certains députés ministériels.

Le public fut réadmis après une demi-heure d’absence et la Chambre en comité général s’occupa de la prise en considération d’un bill ayant rapport au mines de cuivre d’Acton, Haut-Canada.

M. Archambault prend la parole sur la question de la confédération. Il commence par blâmer en quelque sorte la mesure, puis déclare qu’il votera en faveur du projet, parce que voter autrement ce serait donner un vote de non confiance contre le gouvernement !

Belle raison ! Magnifique logique ! Périsse le pays plutôt qu’un ministère !

Après M. Archambault, qui n’a prononcé que quelques courtes phrases, M. Blanchet se charge de remplir la fin de la séance afin de donner à M. Cauchon l’occasion d’occuper celle du soir.

Il entre dans de grands détails statistiques et commerciaux pour démontrer la nécessité de la confédération.

L’on n’avait pourtant pas besoin de tous ces chiffres pour comprendre que la question de l’union des provinces britanniques est, surtout pour ceux qui l’appuient, une simple affaire de commerce.

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