« Les Prochaines Élections Parlementaires », L’Union Nationale (20 février, 1867)


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Date: 1867-02-20
Par: Le Pays
Citation: « Les Prochaines Élections Parlementaires » L’Union Nationale (20 février, 1867)
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LES PROCHAINES ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES.

La confédération n’est pas encore passée que les candidats tories se trémoussent déjà à l’envie, pour se caser dans quelque siège parlementaire, soit dans la législature locale, soit dans la législature centrale.

La Chronicle, de Québec, se fait télégraphier de Montréal que M. le juge Coursol se présentera contre M. Cartier dans la division Est, M. Devlin contre M. McGee dans la division Ouest, M. McNaughton contre l’hon. M. J. S. McDonald à Cornwall, M. Chamberlin (de la Gazette) contre M. O’Halloran dans Missisquoi, M. McCaulay contre M. de Niverville à Trois-Rivières, et M. T. K. Ramsay contre M. Huntington.

M. Devlin battra D’Arcy McGee à plate couture, s’il se présente contre celui-ci dans la division ouest. Sans position, sans caractère, sans sympathies aucunes pour les Irlandais, D’Arcy McGee a vu ses beaux et ses mauvais jours politiques. Nous nous attendons à ce que, comme toutes les rosses coloniales usées au gareau, il soit casé avant les prochaines élections.

M. Chamberlin, de la Gazette, a autant de velléités que de capacités ; mais les townships sont trop près des Etats-Unis pour accepter ce complice du torisme.

M. McCaulay fait savoir qu’il ne se présentera pas contre M. de Niverville, probablement parce que celui-ci est aussi encroûté dans le fédéralisme que M. McCaulay qui, soit dit en passant, est actuellement secrétaire de M. l’Orateur Wallbridge ; et il insinue qu’il se présentera dans le comté de St. Maurice contre notre ami M. Lajoie. M. McCaulay ferait bien de s’en tenir aux insinuations, s’il ne veut pas subir une déconvenue qu’il nous ferait peine de lui voir subir. Que M. McCaulay remplace quelque stupidité torie comme il y en a tant dans la Chambre, et nous applaudirons, car c’est un jeune homme de talent et qui possède certaines connaissances : mais qu’il essaye d’enlever au parti bas-canadien, au parti de la nationalité et des droits imprescriptibles du Bas-Canada, un comté quelconque, c’est quelque chose qu’il ne devrait pas tenter et qu’il ne pourra certainement accomplir.

Quant à M. T. K. Ramsay, qu’il soit bien heureux que sa conduite dans l’affaire Lamirande ne lui vaille pas un dépouillement professionnel qu’il a si bien mérité en compagnie des associés du procureur-général du Bas-Canada et de celui-ci même. Pire ennemi du bon sens, de la justice et de la nationalité canadienne-française ne pourrait être trouvé dans toutes les colonies. Ce n’est pas qu’il soit très dangereux : cependant c’est un outil trempé pour les jobs les plus rudes. Il est bon de le tenir à l’écart. Ce n’est pas dans Bagot qu’il réussira. Son frère, qui avait plus de conscience et plus d’argent que lui, a perdu son argent, bien content de retrouver plus tard sa conscience. M. “ T. K.” n’a ni l’un ni l’autre à gaspiller : il ferait mieux de garder le peu qu’il a des deux.

On parle fortement de notre ami et collaborateur, M. Rainville, pour représenter le comté de Rouville au parlement local. Nous sommes porté à croire qu’il consentira à accepter le mandat que la grande majorité des électeurs de ce comté est prête à lui remettre. Mais nous ne sommes aucunement autorisé à l’annoncer. Nous sommes libre cependant de le souhaiter, avec la plus grande sincérité et la plus ferme confiance dans l’efficacité d’un pareil mandataire.

M. Chapleau, avocat, et associé de M. Rainville, viserait, dit-on, au parlement fédéral, et il aurait pris pour cible le comté de Terrebonne, d’autres disent le comté Jacques-Cartier. Tout cela se dessinera plus tard.

Dans le Haut-Canada, les journaux clear-grits font feu et flamme pour ranimer leur parti. Les candidats ne se font pas tiré l’oreille, du reste, quoiqu’il puisse peut-être y avoir prise chez quelques-uns.

Dans le comté d’Halton, M. Chislen, représentant du comté d’Halton dans le bon vieux temps, a été unanimement choisi comme candidat conservateur, en remplacement de M. White, le député actuel, conservateur aussi.

Wentworth, contigu à Hamilton, est en ce moment en proie à un travail des plus pénibles pour trouver des candidats. Il faut y songer : le comté de Wentworth et la ville de Hamilton n’auront pas moins de six candidats à choisir, dont trois pour le parlement local et trois pour le parlement central.

Le Times de Hamilton est d’avis que les libéraux du Haut-Canada fassent tout en leur pouvoir pour se faire élire en aussi grand nombre que possible. La pensée que le torisme accaparerait la représentation et le patronage sous la confédération lui répugnent excessivement. Aussitôt la confédération bâclée, dit-il, la coalition doit être dissoute, et la grande lutte des principes, entre le torisme et le libéralisme, doit recommencer avec plus de zèle et plus d’ardeur que jamais. Il y va de l’intérêt public suivant notre confrère. Pauvre intérêt public, il est le prétexte de beaucoup d’actions dont il n’est pas mobile.

Mais toutes ces conjectures sont probablement prématurées. La question de réforme va accaparer l’attention du parlement anglais. Pour celui qui se fait une idée exacte de l’effervescence et de l’anxiété qui règnent en Angleterre, il n’est pas douteux que la confédération ne passe pas durant cette session. Il est impossible que le ministère Derby évite la tempête : il n’est pas préparé à présenter un projet de loi qui satisfasse l’opposition. D’un autre côté il lui est impossible de l’éviter ou de la tourner. La confédération est donc loin d’être faite.

MÉDÉRIC LANCTÔT.

P. S. — Nos dépêches de ce matin ne justifient pas notre espoir. Cependant nous en conservons encore quelque peu.

M. L.

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