« LES CONSTITUTIONS LOCALES », L’Union Nationale (18 juin, 1866)
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Date: 1866-06-18
Par: L’Union Nationale
Citation: « LES CONSTITUTIONS LOCALES » L’Union Nationale (18 juin, 1866)
Autres formats: Á préciser.
LES CONSTITUTIONS LOCALES.
Nos dépêches télégraphiques ont fait mention d’une rumeur qui est bien propre à nous édifier sur ce que devra être la constitution locale du Bas-Canada.
On imposera au Bas-Canada tout l’attirail dispendieux et inutile de deux chambres et d’un ministère responsable, pour régler quoi ? de simples questions du ressort d’une municipalité de paroisse ou de comté tout au plus.
Ce système coûtera des centaines de milliers de piastres dès les débuts, et bientôt le budget se composera de millions.
Pourquoi donc empirer un système déjà assez défectueux ? La réponse à cette question est simple. Si M. Cartier demande deux chambres pour le Bas-canada, c’est afin de donner l’occasion à cette classe de nullités vénales dont il a toujours su s’entourer, de se faire élire et de satisfaire leur ridicule ambition.
Et comme M. Cartier, pour couronner la farce, sera probablement le premier gouverneur du Bas-Canada, il prend d’avance ses mesures pour avoir sous son contrôle le conseil législatif, et par conséquent la législation canadienne. On nous assure qu’il veut se faire réserver, en sa qualité de gouverneur du Bas-Canada, le droit de nommer les futurs membres du nouveau conseil législatif ! ! !
Ainsi, M. Cartier s’arrogerait le privilége que le peuple canadien a réussi à arracher à la couronne après plusieurs années de lutte, et à l’avantage d’avoir un conseil législatif bas-canadien composé de vieillards malfaisants, il faudrait ajouter l’inappréciable faveur
de le voir placé sous le contrôle direct de M. Cartier, le protecteur des criminels, l’ami dévoué des concussionnaires, le patron de certain commerce illicite et l’insulteur du plus vénérable prélat du continent américain.
C’est à cet homme que la population morale, catholique, française d’esprit et de cœur, du Bas-Canada, est appelée à remettre un pouvoir absolu, plus grand que celui que la Reine d’Angleterre possède sur nous ?
George Etienne veut être le premier czar du Bas-Canada. Le peuple l’acceptera-t-il ?
Nous hésitons à le croire. Cette comédie aura un terme.
MÉDÉRIC LANCTÔT