« L’Hon. M. Dorion sur la Confédération », Le Pays (21 fevrier, 1865)


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Date: 1865-02-21
Par: Le Pays
Citation: « L’Hon. M. Dorion sur la Confédération » Le Pays (21 février, 1865)
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L’Hon. M. Dorion sur la Confédération.

Notre correspondant, sans entrer dans un examen minutieux du discours prononcé par l’hon. M. Dorion sur le sujet de la confédération des provinces, en dit cependant assez pour faire comprendre jusqu’à quel point l’effet qu’il a produit sur la Chambre a été profondément marqué. Sur le public impartial, dans tout le Bas-Canada, cet effet sera encore plus grand et nous n’avons aucun doute que cette voix de patriotisme et de l’homme d’État ne porte le trouble dans le camp ministériel, dans les rangs même de ceux qui, par l’habitude qu’ils ont contractée de suivre aveuglément leurs chefs, n’avaient pas encore pris la peine de réfléchir sur les dangers de la situation et de se former une opinion à eux sur le grave sujet des changements constitutionnels que l’on propose.

De la part de la presse vouée corps et biens au régime actuel et à la domination du parti conservateur dans le gouvernement, il n’y a aucune justice à attendre. C’est pourquoi le Journal de Québec trouve bon, trouve utile à sa cause peut-être, de dire que le discours du chef de l’opposition n’a rien de remarquable et qu’il a été d’une faiblesse désespérante. Pour faire contraste à une opinion si suspecte, nous sommes bien aise de citer le Canadien qui, tout adversaire politique qu’il est, sait au moins rendre justice au mérite et proclamer la vérité. Le Canadien dit :

« Le discours de M. Dorion, que nous publierons en entier dans notre prochaine feuille, est un des plus remarquables qu’il ait prononcé. Nous n’avons pas besoin de dire que nous sommes en désaccord avec le chef de l’opposition sur bien des points qu’il a touchés, mais nous devons reconnaître que dans plusieurs parties de son discours il a émis des objections d’une grande force contre le projet de confédération, entre autres sur la constitution du Conseil Législatif, un des côtés les plus vulnérables du projet. »

Nous regrettons que la malle ne nous ait pas encore transmis la version officielle du discours de M. Dorion. Nous aurions pu le traduire de l’anglais, sur des rapports plus ou moins fidèles, mais nous croyons que le lecteur préférera attendre un peu plus longtemps et être sûr qu’il aura le texte même d’un document si important dans les circonstances actuelles. Nous éviterons ainsi tout malentendu pour le présent et pour le futur.

En attendant, qu’il nous soit permis de dire que le district de Montréal, qui se prononce avec tant d’énergie contre la confédération, a trouvé dans M. Dorion un organe éloquent et persuasif, et que le Bas-Canada français tout entier saura apprécier de tels efforts pour sauver son autonomie, ses institutions et ses lois.

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