« Opinion de M. Rose sur les Gouvernements locaux », Le Pays (16 juillet, 1867)


Informations sur le document

Date: 1867-07-16
Par: Le Pays
Citation: « Opinion de M. Rose sur les Gouvernements locaux » Le Pays (16 juillet, 1867)
Autres formats: Bientôt disponible


Opinion de M. Rose sur les Gouvernements locaux.

Nous publions plus bas un extrait du discours que M. Rose a prononcé ces jours derniers dans le comté de Huntingdon et dont parlait notre correspondant de St Anicet dans notre dernière feuille. M. Rose, l’un des promoteurs du projet de confédération, l’ami et le confident des ministres nous dit, sans déguisement sa pensée au sujet de la nouvelle constitution. Il aurait préféré une union législative et il prévoit il espère même que les dépenses des gouvernements locaux qu’il qualifie d’excroissance qui dépare le système, seront telles qu’elles feront ouvrir les yeux au peuple, et que celui-ci les fera disparaître prochainement.

M. Rose est un réformateur et un révolutionnaire qui veut déjà faire disparaître les gouvernements locaux, pour arriver tout de suite à l’union législative, ce projet chéri par lord Durham et ses approbateurs.

Nous dénonçons M. Rose à la Minerve. Elle l’a supporté à Montréal et supporte maintenant sa candidature à Huntingdon. Qu’elle nous dise si M. Rose exprime les vues de son parti, sinon qu’elle le répudie. Il n’y a pas de milieu.

M. Rose admet que les dépenses des gouvernements locaux seront propres à dégoûter le peuple du système. Nous prenons acte de cette admission. Elle s’accorde parfaitement avec ce que nos amis ont démontré de la manière la plus évidente lors de la discussion sur le projet de confédération.

Voici les paroles mêmes de M. Rose telles que rapportées dans le Gleaner, journal publié à Huntingdon.

« La constitution fédérale n’était p as tout ce qu’on pouvait désirer, mais telle qu’elle est, nous sommes tenus de la faire fonctionner. Si toutes les provinces étaient entrées dans une union législative, je l’aurais bien mieux aimé ; mais je ne désespère pas encore de voir les parlements locaux, ces excroissances du système, balayés à tout jamais.

« D’abord cependant une union législative était impossible, et même en faisant ce qui a été fait, chaque race a dû concéder et recevoir beaucoup. Les franco canadiens ont concédé d’avantage, et je suis certain qu’ils ne s’en repentiront pas. Par exemple, au sujet du divorce, ils ont sacrifié leurs opinions sur un point presque sacramentel aux opinions de la majorité.

« Le devoir de chaque individu maintenant et la devise de chaque homme d’état doivent être conciliation et bon vouloir. Si on excite les jalousies locales et l’esprit sectaire, tous les pouvoirs du gouvernement pour mettre en œuvre la confédération seront inutiles et le pays sera plongé dans les troubles. . . .

« Je ne viens pas devant vous comme un suppliant, mais parce que j’ai cru de mon devoir de prendre ma part dans la crise actuelle et faire fonctionner la nouvelle machine. Sans cette crise, je serais demeuré dans la vie privée, mais je considère qu’il serait lâche de me retirer dans un tel moment.

« Quant aux gouvernements locaux, je ne serai pas fâché s’ils sont assez coûteux pour qu’on soit forcé de les abandonner, car il n’y a que leurs dépenses qui éveilleront l’attention du peuple. Le nouvel état de choses ne me fait rien à moi : je n’ai pas d’office, je n’en attends pas, je n’en accepterai pas, j’en ai eu assez déjà. Si nous maintenons l’harmonie, dans quelques années une union législative aura lieu. »

Laisser un commentaire