« Résponse de l’Exécutif du Nouveau-Brunswick au secrétaire des Colonies », Le Pays (7 septembre, 1865)


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Date: 1865-09-07
Par: Le Pays
Citation: « Résponse de l’Exécutif du Nouveau-Brunswick au secrétaire des Colonies » Le Pays (7 septembre, 1865)
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Réponse de l’Exécutif du Nouveau-Brunswick au secrétaire des Colonies.

La presse des matières nous force à ne donner que le résumé de ce chef d’œuvre d’énergie et de franchise : d’ailleurs nous ne fesons que retrancher les phrases de circonstance, nous nous sommes fait un scrupule de garder le fonds.

Nous conseillons à nos ultra-loyaux d’en faire le sujet de leurs profondes méditations : ils y verrons ce que c’est que la loyauté bien entendue, qu’elle ne consiste pas à savoir toujours courber le front devant le moindre désir de la métropole, mais qu’elle impose même le devoir d’user respectueusement du droit de remontrance ;

La dépêche commence par faire allusion au langage de la communication du secrétaire des colonies, qui paraît vouloir référer aux résolutions passées en parlement canadien à sa dernière session, en faveur d’une fédération des provinces de l’Amérique Britannique du Nord. Ces résolutions ont été soumises au peuple du Nouveau-Brunswick, qui les a rejetées non pas à cause de leur nouveauté, comme on avait voulu le faire entendre à M. Cardwell, mais parce que le peuple n’a rien vu dans le projet qui promit quelqu’avantage matériel ou moral.

L’esprit de loyauté qui avait toujours animé le peuple du Nouveau-Brunswick, et dont il avait donné des preuves en maintes occasions, était aussi ardent que jamais, et toujours s’il devenait nécessaire il était prêt à mettre ses moyens et ses ressources à l’entière disposition du gouvernement impérial, mais il ne pouvait croire que le projet proposé de confédération augmenterait sa force ou la rendrait du plus de service.

Une grande majorité du peuple est opposé à ce projet, parce qu’il pense qu’une telle union aurait pour tendance d’affaiblir les rapports des colonies avec la mère patrie.

Le comité ne supposait pas que le gouvernement britannique partageait l’ignorance du public anglais qui fesait dire au Times « Les deux Canadas ont mis de côté leur vieilles jalousies et sont prêts à se réunir dans une législature commune. »

C’était précisément ces anciennes jalousies qui augmentant de jour en jour, avaient donné l’origine à ce projet d’union fédérale; et que si cette union ne réussissait pas, le gouvernement de coalition du Canada s’engageait à amener d’autres mesures pour obvier aux difficultés sectionnelles.

M. Cardwell avait raison de croire que les désirs de la Grande Bretagne pèseraient d’un grand poids de ce côte l’océan, mais pas au point de faire oublier aux colonies leurs intérêts les plus considérables et la métropole ne pouvait pas exiger des sacrifices aussi considérables de ses colonies.

Autrement ce serait une moquerie que le gouvernement libre accordé aux colonies, si les désirs de l’Angleterre devaient être suivis sans remontrance aucune quand ils sont contraires à nos intérêts.»

Ce document rempli d’une courageuse indépendance est signé par

R. D. WILMOT,

J. W. ANGLIN,

GEORGE L. HATHEWAY,

BLISS BOTFORE,

W. H. ODELL,

R. HUTCHISON,

A. H. GILMOUR, JR.

Chambre du Conseil,

Frédéricton, 12 juillet 1865.

Voici la réponse du secrétaire des colonies, il se sent piqué au vif:

« Rue Dowaing 4 août 1865.

« Monsieur,

« J’ai reçu votre dépêche du 15 juin, en réponse à la mienne du 24 juin.

« Il aurait peut être été à désirer que les membres du Conseil Exécutif qui sont au Nouveau-Brunswick eussent donné le temps a la communication faite à la colonie par le gouvernement de Sa Majesté d être généralement connue et méditée avant de renvoyer une pareille réponse.

« Le premier paragraphe du procès-verbal me parait demander aucune nouvelle observation autre que celle comprise dans ma dépêche pour l’information de la législature du Nouveau-Brunswick, savoir, le rapport de ce qui s’est passé entre le gouvernegent de Sa Majesté et les ministres du Canada au sujet de la confédération. Il était donc impossible pour qui que ce soit de méconnaître l’allusion que j’ai faite, ou de supposer que cette allusion s’appli quait à un autre projet.

« Nonobstant donc votre dépêche, j’espère encore fermement que la Province du Nouveau-Brunswick prendra en sa sérieuse considération les sollicitations pressantes et amicales que, de la part du gouvernement de Sa Majesté, il a été de mon devoir de vous communiquer.

J’ai, etc.,

« EDWARD CARDWELL. »

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