« Adresse de M.Howe au Peuple du Canada », Le Pays (3 mai, 1866)


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Date: 1866-05-03
Par: Le Pays
Citation: « Adresse de M.Howe au Peuple du Canada » Le Pays (3 mai, 1866)
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ADRESSE DE M. HOWE AU PEUPLE DU CANADA.

Nous publions ci-dessous la lettre importante que l’Hon. M. Howe vient d’adresser au peuple du Canada. La traduction en est empruntée à l’Union Nationale:

Sans aucune complaisance mesquine, et dans l’exécution ordinaire de mes devoirs publics comme sujet de Sa Majesté, j’ai eu la bonne fortune en plusieurs occasions, de mériter votre confiance et votre approbation. Longtemps avant que de vos hommes publics, qui, dans une presse partisane, m’attaquent aujourd’hui, ne vinssent en ce pays ou prissent part à ces affaires, comme journaliste et comme membre de la législature, ma voix s’éleva et ma plume écrivit pour assurer au Canada et à toutes les provinces de l’Amérique du Nord, les bienfaits inappréciables du gouvernement responsable dont ces provinces jouissent maintenant. Dans toutes les luttes primitives et légitimes des Baldwin, des Bourdage, des Neilson, des Morin, des Viger et des Lafontaine, mes sympathies furent engagées. Quand la paix fut rompue et que des fins légitimes furent recherchées par des moyens illégitimes, je conseillai la paix et la loyauté, je dénonçai la violence et l’insurrection; mais, même à l’heure la plus sombre, je discernai entre le juste et l’injuste et rendis justice aux hommes publics au-dessus desquels les nuages étaient suspendus et qui s’élevèrent subséquemment dans l’estime publique, et vécurent et moururent avec la réputation de vrais patriotes et de gentilshommes hautement doués.

Travaillant dans un champ différent, mais ayant les mêmes desseins et le même but, je m’efforçai d’établir le gouvernement responsable dans les provinces maritimes, à la Nouvelle Ecosse d’abord, puis au Nouveau Brunswick, à l’Ile du Prince Edouard et à Terre-Neuve. Entretenant une correspondance étendue avec les principaux hommes de ces colonies, je m’efforçai de diriger leurs pensées à ce qui était pratiquable, possible et sûr, et je me servis de l’influence que j’avais auprès de Charles Buller et autres hommes d’état libéraux de l’Angle- terre, pour faire comprendre et apprécier nos vues dans la mère patrie.

Quand les principes pour lesquels nous avions lutté furent établis ici dans l’hiver de 1841, je me rendis au Canada, et pendant cette quinzaine pleine d’anxiété durant laquelle le premier Parlement Uni combattit pour obtenir d’être reconnu, je suivis le cours des débats, et dans mes relations avec lord Sydenham et les hommes publics du temps, je jetai dans la balance, en faveur de la liberté canadienne, le poids que pouvaient avoir mes opinions. Me ressouvenant de ces luttes primitives, qui conduisirent à l’émancipation de toute l’Amérique britannique et auxquelles je pris part, vous sourirez probablement comme moi-même, en voyant un journal de Montréal m’appeler un isolationiste et m’imputer des vues étroites et une absence de sympathies pour le développement de l’Amérique britannique.

Persuadé en 1860, qu’un chemin de fer international, en connexion avec un système rationel d’émigration, relierait les provinces entre elles, conduirait à l’établissement de leurs terres incultes et renforcerait les points faibles de leur frontières, je me rendis en Angleterre, où pendant six mois je m’efforçai de faire connaitre au gouvernement, aux capitalistes et au peuple de la mère-patrie le caractère et les besoins de ces provinces. Si ce projet de chemin de fer alors arrêté eut été exécuté, les chemins de fer international et européen eussent été complétés il y a dix ans à un prix moindre que celui que les provinces payent pour les tronçons disjoints que nous avons ; un million de sujets britanniques se serait établi le long de ces voies, et il est raisonnable de penser que des centaines de milliers d’êtres dont les os sont enfouis dans les champs de bataille du Sud, ou qui sont nos ennemis mécontents de l’autre côté des frontières, auraient vivifié les solitudes entre le St Laurent et la rivière St Jean, par leur industrie, et fortifié la frontière par leurs armes. Je ne désire pas entrer dans les questions irritantes qui ont empêché la réalisation de cette politique. Ceux qui repoussèrent alors les provinces maritimes peuvent avoir été des “ isolationistes, ” mais la conception de ce projet n’était certainement pas le fait d’esprits bornés.

En 1861 et en 1862, une autre tentative fut faite pour raviver cette entreprise sous une forme nouvelle. Je me rendis deux fois en Canada, et deux fois en Angleterre ; je m’associai avec d’autres hommes et travaillai énergiquement à unir ces provinces par des liens commerciaux et des relations sociales d’une nature agréable. Le gouvernement britannique montra beaucoup de libéralité ; la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick assumèrent une quotepart disproportionnée du coût de l’entreprise et sanctionnèrent à leurs offres par une législation généreuse. Mais les hommes publics du Canada alors contrôlés par des exigences politiques, ou menacés d’une de ces crises—dead locks, qui sont devenus si fréquentes, repoussèrent encore une fois les provinces maritimes, et la politique d’isolation que pendant quinze ans je m’étais efforcé de briser, fut de nouveau confirmée, et le Canada resta avec une frontière à-peu-près indéfensible et sans un port d’hiver.

Etant en Angleterre en 1862, je remarquai que les classes mercantiles se plaignaient des tarifs élevés du Canada, et, en même temps, les classes gouvernantes lui reprochaient de n’avoir pris pour sa défense aucune mesure adéquate. Le mécontentement était à-peu-près universel—je le constatai partout, dans la société, dans le parlement, dans les départements, dans la presse. La question était fort peu comprise, et, ayant une semaine de loisir, j’adressai à M. Adderly une lettre que M. Buchanan, avec sa libéralité habituelle, réédita deux fois en Canada et qui fut, je crois, généralement approuvée dans la Provice, dont j’avais à cœur de défendre l’honneur et l’esprit [martial?]. Maintenant que je suis attaqué dans quelques-unes de vos villes, pour aucune autre offense que celle de ne pouvoir souffrir passivement que l’on impose aux provinces maritimes un projet politique que l’instinct de conservation de leurs populations les oblige à redouter, et parce que je repousse l’idée qu’un système de gouvernement qui a été condamné par les électeurs de deux des provinces maritimes et par toutes leurs législatures, puisse être incorporé en un acte du Parlement sans être revisé par nos législateurs et sans que le peuple soit appelé à le juger par son vote; maintenant, dis-je, que vous me voyez attaqué pour résister à de pareilles propositions et les combattre, je sais que vous me défendrez comme je vous ai défendu et que, quoique puissent dire des partisans échauffés, vous rendrez justice à votre vieil ami.

Je n’ai pas à cœur de parler de ce qui s’est passé à Détroit; mais je pense devoir dire que là comme [partout?] ailleurs, sans oublier que j’étais un Néo-écossais, et sans cesser d’être animé de l’amour que je porte à ma terre natale avec une exhubérance d’affection que je n’ai jamais déguisée, je n’ai pas cherché pour elle “l’isolement” ni des droits exclusifs ou des priviléges étroits; non plus que j’aie obéi, comme d’autres semblent trop désireux de le [faire?], [aux?] [seules?] [nécessités?] et aux seuls intérêts canadiens; j’ai revendiqué l’honneur et défendu la politique des colonies comme ceux d’un groupe jouissant des institutions que chacune d’elle avaient obtenues au prix de sacrifices pénibles, et je m’efforçai de leur gagner les sentiments affectueux des deux grandes nations dans les relations amicales et le commerce illimité desquelles nous avons de si profonds intérêts.

Mais, demandera-t-on peut-être, n’avez-vous pas toujours désiré grandir et renforcer les provinces? je réponds: oui; mais toujours par des modes simples, pratiques et prudents. D’abord en assurant à chaque province ces bienfaits inappréciables du gouvernement responsable; et, quand cela fut accompli, en travaillant à les unir par des chemins de fer, qui auraient rempli de populations les solitudes qui les [divisent?]; enfin en enlevant les restrictions et en [promouvant?] entre elles [les?] relations sociales et [commerciales?]. Merrit et Lafontaine vinrent à la Nouvelle-Ecosse en 18—, et en deux ou trois jours le libre échange dans le commerce et les postes intercoloniales furent arrêtés. Nos ministres des finances peuvent dans trois jours, s’ils le veulent, établir le libre échange pour les manufactures et un cours monétaire uniforme.

Il ne restera plus que deux questions: le chemin de fer intercolonial et la défense. Quand au Chemin, la Nouvelle-Ecosse a pourvu à toute la partie qui lui appartient; elle a même construit la moitié de sa part et donné le contrat pour le reste.

Quant à la question de défense, les provinces maritimes sont prêtes à fournir homme pour homme, louis pour louis avec les canadiens, proportionnellement à leur population, et à aider n’importe quelle des provinces qui serait attaquée, du moment que leurs côtes et leurs foyers ne seraient pas en danger; mais elles savent aussi que dans l’éventualité d’une guerre, le Canada, avec sa frontière étendue, ne pourra pas disposer d’un seul homme, et elles ne sont pas assez réellement folles pour se reposer sur une marine qui n’existe pas, et qui, si elle existait, serait paralysée par les glaces pendant cinq mois de l’année.

Il y a dix jours, les provinces maritimes étaient menacées d’incursions et de déprédations fénianes contre leurs villes commerciales. Vous, canadiens, vous n’avez pas un seul vaisseau à nous [expédier?] et le St. Laurent était bloqué par les glaces. Heureusement que nous avions non loin de nous des vaisseaux de guerre anglais et que notre milice était prête à marcher. Nous eûmes des troupes de Malte et de Gibralter en moins de temps qu’il n’en aurait fallu à des régiments canadiens, si vous en aviez eu à nous céder, pour se rendre par terre jusque chez nous.

Mais, vous pouvez me demander n’avez-vous jamais été en faveur d’une organisation politique quelconque dont le but était de lier plus intimement ces provinces au Canada ou n’avez-vous jamais attendu de l’avenir la réalisation de ce projet? Cette question a été l’occasion de déclamations et d’écrits ridicules de la part des délégués de cette province, le tout commis dans le but d’induire en erreur le peuple de la Nouvelle-Ecosse, et il se peut qu’elles aient eu cet effet pour vous. Peu de temps après mon entrée au parlement M. Uniack me parla de l’union des provinces, et me demanda si je consentirais à discuter cette question.

Je lui répondis que bien que je n’avais rien à proposer à ce sujet, j’étais prêt à discuter cette question ou toute autre, lorsqu’il lui plairait soumettre une proposition distincte. Dans le cours des vingt années que M. Uniack est resté dans la vie publique, jamais il n’a soumis aucune proposition.

A diverses époques, la presse effleura en passant cette question, et en 1840, époque à laquelle je publiais le “ Nova Scotian,” je reçus d’un correspondant un écrit qu’il me priait d’insérer dans les colones de mon journal. Je me rendis à sa prière, et fis précéder cet écrit de la note éditoriale qui suit:

“Union des provinces.—Comme nous insérons aujourd’hui une très longue correspondance au sujet de la question de l’Union des provinces de l’Amérique du Nord, dans laquelle on plaide fortement en faveur de ce projet, nous croyons n’être que francs en disant, qu’après avoir longuement et attentivement examiné la question, nous en sommes venu à la conclusion qu’il ne serait pas de l’intérêt de la Nouvelle-Ecosse de devenir membre d’une union soit législative ou fédérative avec les Canadas.

“Notre objection se fonde principalement sur l’étendue de la frontière canadienne ainsi que sur le caractère mixte et en apparence hostile de leurs populations, dont nous ne désirons nullement partager les dissidences caractéristiques et les jalousies. Nous ne désirons pas non plus créer un mal, très vivement ressenti aujourd’hui en Angleterre,—la difficulté d’expédier les affaires publiques, lorsqu’elles sont trop considérables pour l’être par un seul corps législatif. Nous ne pouvons disposer ni du temps ni de l’espace requises pour expliquer au long nos vues sur cette question, mais nous ne pouvons dire moins, sans paraître sanctionner ce que nous serons forcés de condamner et d’opposer, si jamais il y a lieu pour nous de le faire.”

Tels étaient les vues que j’exprimais délibérément en 1840 “ après mûre et anxieuse réflexion.” C’étaient les sentiments du grand parti auquel je me trouvais associé, et de la population de la Nouvelle Ecosse.

La meilleure preuve de la vérité de tout ceci, c’est que pendant quatorze ans en Angleterre, au Canada, au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse, de même que sur les hustings, dans la presse et dans la législature, tout en avocassant continuellement une union industrielle, sociale et commerciale des provinces, je n’ai jamais combattu en faveur d’une union politique, et il n’y a pas un seul homme dans cette province avec qui je suis lié politiquement qui l’ait fait. Bien que nous ayons occasionnellement discuté la question dans nos réunions intimes, nous en venions généralement à la conclusion qu’il était impossible d’effectuer une union politique avec les Canadas sans sacrifier les provinces maritimes.

En 1854, M Johnston, qui était alors à la tête de l’opposition mais qui était resté 4 ans au pouvoir sans proposer aucune mesure de cette nature, proposa une résolution dans laquelle il suggérait en termes généraux qu’une union des provinces était désirable. Tous les partisans du gouvernement sans exception, y compris deux des délégués qui depuis ont travesti ma conduite à cette époque, crurent que ce n’était là qu’une simple manœuvre de parti, faite pour embarrasser l’administration, et ils étaient prêts à rejetter la résolution sans même en discuter les mérites.

Je pensai que cette manière d’agir serait irrespectueuse surtout vis-à-vis d’un homme de l’âge et de la position de M. Johnston et je discutai sérieusement la question avec lui et prononçai ce discours sur l’organisation de l’empire que nos délégués ont si souvent cité pour prouver exactement le contraire de ce qu’il prouve.

Après avoir pris en considération le territoire, la population, le tonnage, le revenu et les ressources des provinces, et en supposant que le gouvernement britannique nous laisserait parfaitement libres de refondre nos institutions si nous le jugions à propos, je discutai les diverses manières dont cette rénovation pourrait être faite, et j’en arrivai aux conclusions suivantes :—que l’annexion aux Etats-Unis, en dépit de tous les amorces commerciales ou politiques qu’elle pourrait nous offrir, devait être mise de côté, vu qu’elle entraînait la question d’allégeance,—que d’essayer de jeter les bases d’une “nouvelle nationalité” avec trois ou quatre millions d’habitants et une frontière de quinze cent milles d’étendue, à côté d’un peuple de trente millions, serait une entreprise à la fois dangereuse et peu sage; que l’union sous n’importe quelle forme qu’on pouvait l’effectuer ne pourrait réellement faire de nous un peuple avant que nos relations sociales et commerciales n’eussent été cimentées par l’établissement de voies ferrées, et que tout en acceptant la tâche qui nous incombait de prêter main-forte à l’Empire et de nous défendre nous-mêmes contre nos ennemis, nous croyions qu’il était de notre devoir ainsi que de notre intérêt, tout en laissant nos gouvernements provinciaux et nos législatures exister comme aujourd’hui; de rechercher à cimenter davantage l’union avec l’empire, en réclamant une part de représentation dans le parlement anglais; et en apprenant à nos jeunes gens à rechercher les honneurs conférés par le service militaire ou civil d’un grand empire, au lieu de restreindre leur ambition à l’Amérique britannique, qui d’ici à nombre d’années ne pourra prudemment assumer un caractère national.

Telle était mon opinion il y a douze ans, et le développement extraordinaire qui s’est produit depuis 1861 dans la puissance militaire et maritime des Etats-Unis, est venue la confirmer et lui donner encore plus de force. Parler de fonder une “nouvelle nationalité” à côté de cette grande et forte nation, c’est simplement jouer le rôle de rodomonts. Lorsque le Canada sera en état de nous représenter à l’étranger et de nous protéger, il sera temps alors de discuter l’opportunité de casser nos parlements et d’accepter sa dictature. Mais, d’ici là, les provinces maritimes préféreront tout naturellement se gouverner elles-mêmes, et aider la Grande Bretagne à rester maîtresse des mers, sans quoi il serait impossible de défendre leurs côtes.

Il vous sera facile de voir que pendant les 30 années que j’ai passées dans la vie publique, non-seulement je n’ai jamais proposé d’union politique avec le Canada—soit législative ou fédérative,—mais que chaque fois qu’elle a été proposée ici sous l’une de ces deux formes, je m’y suis opposé et l’ai fait mettre de côté.

Depuis 1853 jusqu’à 1861 M. Johnson ne présenta jamais sa Résolution, mais comme de temps à autre il était parlé de cette question dans notre législature, je crus, lorsque je vins au Canada en 1861 au sujet du chemin de fer intercolonial, qu’il valait tout autant en finir avec cette question, et je me fis autoriser à la discuter avec les autres gouvernements coloniaux.

Voici maintenant la Résolution passée à cet effet, elle parle pour elle même:

“Attendu que la question d’une union des provinces de l’Amérique du Nord ou des Provinces maritimes a été à diverses époques proposée et discutée dans toutes les colonies;

Et attendu que, pendant que plusieurs avantages peuvent être obtenus par une telle union de toutes ces provinces ou de quelques-unes d’entr’elles, beaucoup d’obstacles se présentent qui ne peuvent être surmontés que par une consultation mutuelle entre les principaux hommes des colonies et en communiquant librement avec le gouvernement impérial;

Il est par conséquent résolu,—Que Son Excellence le lieutenant gouverneur soit respectueusement requis de se mettre en communication avec sa grâce le secrétaire colonial et Son Excellence, le Gouverneur-Général, et les colonies nord-américaines, afin de constater la politique du gouvernement de Sa Majesté et les opinions des autres colonies, en vue d’une étude plus éclairée d’une question comportant les plus grands intérêts, et à propos de laquelle l’esprit public dans toutes les provinces devrait être mis à l’aise.

L’objet de cette résolution était de mettre la question au repos, et en autant que j’étais concerné, elle eut certainement cet effet; car dans une consultation votre gouvernement, M. McGee, M. Archibald et M. McCulley étant présents, nous en arrivâmes unanimement à la conclusion qu’il serait prématuré de discuter le sujet avant que le chemin de fer intercolonial n’eut été construit, le libre échange dans les manufactures établi et le peuple attiré dans une sorte d’accord par des relations sociales et commerciales—décision dans laquelle je concourus cordialement et à laquelle j’obéis à cette heure comme étant basée sur la plus grande sagesse politique.

Je n’ai que faire de dire que je désire et que je suis encore préparé à promouvoir toute mesure judicieuse qui sera de nature à grandir et à renforcer l’Amérique Britannique; mais il me reste encore à apprendre que je sois lié par aucune action de ma vie publique à accepter le plan de confédération de la conférence de Québec, ou que je sois tenu d’accepter aucun plan préparé par un comité en Angleterre et que l’on craindrait de soumettre à la ratification du peuple des cinq provinces qu’il est destiné à unir. Sus ce point mes archives sont sans taches et ma vie est consistante. Si tous les hommes publics qui ont obtenu et consolidé les institutions libres de ces nobles provinces et qui dorment maintenant sous le sol, pouvaient être réunis et interrogés, est-il un homme qui consentirait après cela à imposer par un acte du parlement, à un peuple qui les repousserait, des changements muris sans qu’il les ait revisés et passés sans leurs assentiment.

Placé entre les vivants et les morts, je dois à ceux-ci comme à ceux-là, ainsi qu’à la la préservation de ma propre estime pour moi-même, de protester contre cet outrage.

Mais, pourra-t-on vous dire, vous allez être le pouvoir gouvernant et c’est votre intérêt de sanctionner cette politique. Je n’ai pas une opinion aussi mesquine du peuple du Canada et je crois que lorsqu’il comprendra cette question, il foulera à ses pieds les doctrines et les appats par lesquels on a essayé dans toutes les provinces, de fausser l’esprit des loyaux sujets britanniques et d’opérer des changements révolutionnaires par les moyens les plus inconstitutionnels.

Veuillez me pardonner l’épreuve un peu longue que je viens de faire subir à votre patience et me croire, avec un sincère respect.

Vraiment votre, etc.

JOSEPH HOWE.

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