« Assemblée publiques à St. Jean », Le Pays (27 décembre, 1864)
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Date: 1864-12-27
Par: Le Pays
Citation: « Assemblée publique à St. Jean » Le Pays (27 décembre, 1864)
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Assemblée publique à St. Jean.
On lit dans le Franco-Canadien de vendredi dernier:
A une assemblée des électeurs du Comté de St. Jean, tenue en la ville de St. Jean, à l’Hôtel-de-Ville, mardi, le 20 décembre courant, à une heure P. M., les résolutions suivantes furent adoptées unanimement !
Proposé par Samuel Langlois Ecr., de la paroisse de St. Jean l’Evangeliste, secondé par Calixte Bouchard Ecr., de la paroisse de Ste. Marguerite de Blairfindie :
Que J.-Bte. Moreau, Ecr., J. P. Préfet du Comté de St. Jean soit élu à présider la dite assemblée.
Proposé par Pierre Moreau, Ecr., de la paroisse de St. Luc, secondé par Pierre Frenière, Ecr., conseiller de la ville de St. Jean :
Que J. L’Ecuyer, Ecr., N. P. de la ville de St. Jean soit prié d’agir comme secrétaire.
Proposé par Frs. Papineau, Ecr., J. P. de la paroisse de St. Luc, et préfet du Comté, secondé par P. A. Z. Girardin, Ecr., J. P. de la paroisse de St. Valentin :
Que la confédération projetée des provinces britanniques n’est ni nécessaire ni désirable, qu’elle multiplierait les dépenses et, par suite, les taxes; qu’elle serait dangereuse pour les diverses croyances et origines entre lesquelles elle tend à amener des conflits.
Que le nouveau projet de confédération est d’autant plus alarmant qu’on semble vouloir l’emporter d’assaut et sans un appel au peuple, et sans qu’il soit pourvu à ce que la majorité de chaque province puisse se prononcer séparément au lieu de la majorité collective des deux provinces du Canada.
Que les gouvernements locaux, dans la confédération projetée ne seraient que des simulacres de gouvernements, incapables de protéger leur autonomie, leurs institutions nationales et religieuses qu’autant que le gouvernement fédéral voudra bien le permettre en n’exerçant pas son droit de veto ; incapables de maintenir leurs propres lois qu’autant que le gouvernement fédéral voudra bien nommer des juges imbus de l’esprit de ces lois.
Proposé par Isaïe Bissonnet Ecr., J. P., de la paroisse de Ste. Marguerite de Blairfindie, secondé par Théode Girardin, Ecr., de la paroisse de St. Valentin :
Que l’introduction du Divorce dans cette province est un malheur ; que comme l’église catholique ne permet pas à ses membres de divorcer et que cette prohibition n’est certainement immorale aux yeux de personne, les consciences catholiques devraient, au moins, être rassurées en ne permettant jamais le divorce aux conjoints mariés dans le sein de l’église catholique.
Proposé par T. Roy, Ecr., J. P., de la paroisse de St. Jean l’Evangeliste, secondé par Jules Langlois, Ecr., de la paroisse de Ste. Marguerite de Blairfindie :
Qu’il est impolitique, imprudent, Anti-Britannique de changer entièrement la constitution pour remédier à des maux ou opérer des biens passagers, quand la constitution actuelle renferme les moyens nécessaires pour y pourvoir.
Que, quant aux avantages communs à toutes les provinces, si les provinces d’en Bas formaient, comme elles l’ont projeté, une seule province sous le nom d’Acadie, il serait facile aux deux exécutifs, sous le contrôle de leurs législatures respectives, d’établir entre les deux provinces, l’uniformité de poids, de mesure et du cours monétaire, la liberté du commerce, un système commun de défense, en un mot tout ce qui devrait être commun entre les deux provinces du Canada et de l’Acadie, sous le contrôle d’un gouvernement fédéral tout établi : le gouvernement Impérial.
Que des Colonies n’ayant pas et ne pouvant pas avoir de relations extérieures, la coexistence de deux gouvernements fédéral et local, y est inutile ; que l’autorité impériale forme déjà un gouvernement central pour les colonies, plus simple, plus fort et moins dispendieux que celui qu’on voudrait lui donner comme doublure.
Proposé par Samuel Langlois, Ecr., de la paroisse de St. Jean l’Evangeliste, secondé par L. L. Roy, Ecr., J. P. de la paroisse de Ste. Marguerite de Blairfindie :
Que, quant au Haut-Canada, la confédération est réclamé comme équivalant à la représentation basée sur la population :
Si cette représentation était réclamée par le Haut-Canada pour nous gouverner à sa guise nous ne pourrions la concéder à aucun prix; si elle était réclamée par le Haut-Canada pour obtenir justice nous pouvons faire droit à ces griefs, sans changer notablement la constitution.
Que les deux griefs du Haut-Canada, réels ou imaginaires sont 1o. Qu’il n’a pas sa part des octrois législatifs proportionnés à sa population, et rien de plus juste que de faire la répartition de toutes les allocations législatives entre les deux provinces, en prenant pour base le recensement le plus récent. 2o. Que le Bas-Canada à l’aide d’une minorité du Haut-Canada impose à celui ci sa législation locale, et rien de plus juste encore de faire cesser la possibilité de ce grief.
Proposé par Julien Richard, Ecr., de la paroisse de St. Jean l’Evangeliste, secondé par Edouard Lord, Ecr., de la paroisse de St. Jean l’Evangeliste :
Que pour opérer cette dernière réforme il faudrait, sous la constitution actuelle légèrement modifiée, mettre franchement en pratique le système de la double majorité pour toutes les mesures locales, en laissant siéger et voter séparément, les députés du Haut et du Bas-Canada sur toutes les mesures locales affectant respectivement leur province et leur accordant un contrôle exclusif sur leur législation purement locale.
Que le gouvernement ne devrait être tenue de résigner que sur un vote direct de non-confiance ; que ce vote entraînerait la résignation de tous les ministres et que, si on le croit à propos, un pareil vote donné par les députés d’une section, réunis pour leurs affaires locales, pourrait entraîner la résignation des ministres de cette section seulement.
Que nous devons être, au reste, prêts à accorder au Haut-Canada toutes les réclamations légitimes qu’il espère obtenir au moyen de la représentation basée sur la population et qu’il ne peut justement réclamer d’avantage.
Proposé par Laurent Poissant, écr., de la paroisse de Ste.-Marguerite de Blairfindie, secondé par Alfred Deland, écr., de la paroisse de St.-Luc :
Que certaines questions dont le caractère n’est pas dès aujourd’hui précisément déterminé telles que celle des écoles, peuvent l’être, sous le système proposé, aussi facilement que sous celui de la confédération projetée.
Que le système proposé aurait l’avantage de ne pas augmenter les dépenses, de remédier aux griefs actuels et de ne faire à la constitution que les changements nécessités par les circonstances au lieu de nous livrer aux hasards d’un avenir inconnu.
Proposé par Pierre Gagnon, écr., de la paroisse St.-Valentin, secondé par John McNeil, écr., conseiller, de la ville de St.-Jean :
Qu’il est très impolitique de vouloir fonder une confédération pendant que la seule grande confédération analogue en existence, celle des Etats-Unis, est soumise à une suprême épreuve et avant d’attendre et de connaître le résultat de cette épreuve.
Que nous n’avons rien à perdre et tout à gagner en attendant les événements, l’issue possible de la déplorable lutte aux Etats-Unis, l’établissement d’un empire au Mexique et les résultats qui en pourraient découler quand à l’influence monarchique, religieuse et nationale sur ce continent.
Proposé par E. L’Ecuyer, Ecr., de la paroisse de Ste. Marguerite de Blairfindie, secondé par Ed. Lassard, Ecr., de la ville de St. Jean :
Que les autres comtés du Bas-Canada soient priés de manifester leur opinion avant la prochaine session de la législature.
Proposé par F. G. Marchand, Ecr., de la paroisse de St. Jean l’Evangéliste, secondé par L. L. Roy, Ecr., de la paroisse de Ste. Marguerite de Blairfindie :
Que P. A. Z. Girardin, Ecr., soit prié de remplacer le président au fauteuil et que des remerciments soient votés au Président et au Secrétaire de la dite assemblée.
J. B. MOREAU, Président. J. L’ECUYER, Secrétaire.