Conférence des Premiers Ministres sur les Questions Constitutionnelles Intéressant les Autochtones, Allocution d’Ouverture de George Braden (15-16 mars 1983)


Informations sur le document

Date: 1983-03-15
Par: George Braden
Citation: Conférence des Premiers Ministres sur les Questions Constitutionnelles Intéressant les Autochtones, Allocution d’Ouverture de George Braden, Doc 800-17/014 (Ottawa: 15-16 mars 1983).
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« Traduction du Secrétariat »

DOCUMENT: 800-17/014

CONFÉRENCE DES PREMIERS MINISTRES
SUR LES QUESTIONS CONSTITUTIONNELLES
INTÉRESSANT LES AUTOCHTONES

ALLOCUTION D’OUVERTURE

DE

GEORGE BRADON

TERRITOIRES DU NORD-OUEST

Ottawa
Les 15 et 16 mars 1983

ALLOCUTION D’OUVERTURE DE GEORGE BRADEN

Monsieur le président,

Les discussions que nous entamons aujourd’hui ont une
importance historique considérable pour tous les Canadiens.
Il y a moins d’un an que le Canada a rapatrié sa Constitution.
Le 17 avril 1982 a été une journée de festivités pour le pays
tout entier; mais, pour les peuples autochtones, le rapatriement
de la Constitution n’a pas réglé les questions brûlantes qu’ils
jugent essentielles à leur survivance en tant que peuples fiers
et distincts au sein de la mosaïque que nous appelons le Canada.
Pour la premiêre fois aujourd’hui, les peuples autochtones ont
l’occasion, par l’entremise de leurs représentants élus, de
rencontrer les premiers ministres afin d’examiner les questions
qui sont aussi cruciales pour eux.

Cette conférence des Premiers ministres est également
importante parce qu’elle fournit aux gouvernements du Yukon
et des Territoires du Nord-Ouest une première occasion de
participer au processus constitutionnel. Pour la première
fois reconnaît—on comme il se doit quelque 70 O00 habitants
du pays et leur permet-on, par l’entremise de leurs représen-
tants gouvernementaux élus, de participer à une conférence
traitant des questions constitutionnelles qui les touchent
en tant que Canadiens. Le gouvernement des Territoires du
Nord—Ouest est heureux de pouvoir participer à ces pourparlers
qui ont une telle importance fondamentale pour les peuples
autochtones du pays. J’espère qu’ils ne sont que la première
d’une série de manifestations qui amèneront les territoires à
participer à toutes les réunions constitutionnelles futures.

Monsieur le président, le gouvernement des Territoires
du Nord—Ouest apporte à cette conférence un point de Vue
unique. La majorité des résidants de notre région du pays
sont des autochtones, état de faits qui se traduit dans la
composition de l’assemblée législative. A cause de sa
situation unique, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest
peut faire connaître un point de vue différent de celui des
autres gouvernements canadiens, et il a la responsabilité
spéciale de veiller à ce que l’on fasse valoir les intérêts
des peuples autochtones du Nord. Je sais qu’il pourra
contribuer grandement à résoudre les questions importantes que
les délégués autochtones veulent voir étudier à cette table.

Monsieur le président, nous nous engageons aujourd’hui
dans une tàche de la plus haute importance pour les peuples
autochtones du Canada. A ce titre d’autochtones, les Indiens,
les Inuit et les Métis possèdent des droits spéciaux outre
ceux dont jouissent les autres Canadiens. La Loi constitutionnelle
de 1982 reconnaît le statut spécial de nos peuples autochtones
et établir que cette conférence des Premiers ministres constitue
le véhicule permettant de déterminer et de définir les droits
ancestraux qui devront être inclus dans la Constitution.

J’admets que la tàche qui nous attend n’est pas facile.
Les peuples autochtones du Canada cherchent depuis longtemps
une solution à la question complexe de leurs droits. Il faudra
travailler d’arrache—pied, tant pendant cette conférence que
par la suite, pour examiner convenablement certaines des
questions les plus complexes. Mais je crois qu’il est parti-
culièrement important que les délégués assistent à cette
conférence avec un esprit de compréhension et de collaboration.
J’espère qu’au cours de ces deux journées nous pourrons rallier
les points de vue divergents et arriver à un consensus sur les
questions d’importance fondamentale pour les autochtones.

Il est peu probable que les dirigeants autochtones réalisent
tout ce qu’ils espéraient accomplir au cours de ces deux courtes
journées de pourparlers. Le temps est limité et l’ordre du jour,
bien rempli. Il faut toutefois considérer cette conférence
comme l’amorce concrète du règlement final de ces griefs qui,
depuis bien avant la confédération, sont pour les autochtones
du pays une source de frustration.

Monsieur le président, je crois qu’en qualité de chefs
élus des gouvernements de notre pays, nous avons la lourde et
contraignante responsabilité de traiter de ces questions d’une
façon significative. Les discussions que nous amorçons
aujourd’hui auront des répercussions de portée incalculable
pour toute la population du Canada. Pendant des siècles, les
autochtones de notre pays ont été victimes d’injustices; la
possibilité nous a été donnée de tenter de redresser certains
de ces torts. Nous avons été investis de l’obligation d’oeuvrer
en vue d’assurer un traitement juste et équitable des droits
des autochtones ainsi que leur inscription dans la Constitution.
Nous devons être conscients de cette responsabilité et travailler
en collaboration avec les dirigeants autochtones afin d’en
arriver à un consensus sur certaines des questions à l’étude
aujourd’hui et de jeter les bases d’un dialogue soutenu à l’avenir.

L’adage veut qu’on juge un pays à la manière dont celui—ci
traite ses minorités. Cela est particulièrement vrai lorsque
les minorités en question sont les populations indigènes de ce
pays. La mesure dans laquelle nous tiendrons l’engagement que
nous avons pris à l’endroit du peuple autochtone dans la Loi
constitutionnelle de 1982 sera l’image relativement fidèle du
sens moral de ce pays.

Les peuples autochtones ont des droits valides fondés sur
leur utilisation des terres depuis des temps immémoriaux ainsi
que sur leur statut d’autochtone. L’histoire montre que dans
les régions où des traités ont été signés, les autochtones ont
souvent reçu une compensation insuffisante pour leurs terres, et
les droits qu’ils ont acquis en vertu de ces traités ont dans
de nombreux cas été affaiblis ou diminués par voie législative.
Pour protéger les droits des autochtones, il importe de les
définir avec clarté et de les inscrire dans la Constitution.

En vertu de considérations morales, il importe d’interpréter
largement et généreusement ces droits une fois qu’ils auront
été reconnus officiellement dans la Constitution. Lorsque les
droits des peuples autochtones seront reconnus et respectés et
qu’ils recevront la meilleure protection possible contre
de nouvelles violations, les Canadiens ne pourront que se sentir
disculpés du tort qui a par le passé été causé à ces peuples.

Monsieur le président, nos ministres et nos fonctionnaires
ont déjà accompli un travail extrêmement Valable au cours des
réunions préparatoires avec les dirigeants autochtones et je
crois qu’en raison de ces efforts, tous les participants à la
conférence d’aujourd’hui ont une meilleure idée de la signifi-
cation des sujets proposés par les autochtones. La convocation
de cette conférence des premiers ministres a énormément sensi-
bilisé le public aux questions relatives aux droits des
autochtones. Un ordre du jour, soumis conjointement par les
trois groupes autochtones, a été recommandé au Premier ministre
à titre de document de travail pour la conférence. Nous devons
maintenant tenter de faire fond sur les réalisations précédentes
de nos ministres et de nos fonctionnaires, en vue de nous quitter
demain après-midi munis d’un accord que nous pourrons soumettre
à nos assemblées législatives respectives, accord qui servira
de fondement à une résolution visant à apporter des modifications
constitutionnelles dans le domaine des droits des autochtones.

Pour que la Constitution serve d’exemple et suscite l’admi-
ration des Canadiens, elle doit prévoir le traitement équitable
et honorable des droits ancestraux. Afin d’aider les autochtones
à préserver leur dignité, à devenir plus autonomes et à faire
valoir leurs droits en tant que collectivité, il faut leur
accorder des garanties et une protection par voie constitu-
tionnelle. Nous devons aborder ces discussions l’esprit pénétré
d’idées neuves et en comprenant bien les objectifs et les
aspirations du peuple autochtone.

Monsieur le président, le gouvernement des Territoires du
Nord-Ouest compte participer activement aux discussions de la
conférence. Je suis persuadé qu’en montrant de la bonne volonté,
en témoignant du respect pour chacun et en manifestant la volonté
politique de réussir, nous pouvons effectuer des percées substan-
tielles en vue de régler les questions fondamentales qui revêtent
une importante critique aux yeux des autochtones.

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