« Encore le Comté de Champlain », Le Pays (9 mars, 1865)


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Date: 1865-03-09
Par: Le Pays
Citation: « Encore le Comté de Champlain » Le Pays (9 mars, 1865)
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Encore le Comté de Champlain.

Un des électeurs les plus marquants de la paroisse St.-Maurice, comté de Champlain, nous rend compte en ces termes, du FAMEUX TRIOMPHE remporté par M. Ross, lors de l’assemblée tenue dernièrement dans le comté de Champlain et dont nous avons parlé dans notre dernier numéro :

M. le Rédacteur,

Ayant lu, dans le Journal de Québec, le rapport de l’assemblée convoquée par le Docteur Ross, dans la paroisse de Sainte-Geneviève de Batiscan, comté de Champlain, j’ai remarqué, au bas, ces mots : « Ceci suffira pour démentir les on-dits du Pays. » Je puis vous assurer, M. le Rédacteur, que, lorsque vous verrez arriver à Québec, vers la fin de la semaine prochaine, des requêtes, demandant un appel au peuple signées par la presque totalité des électeurs de plusieurs paroisses du comté, le démenti du Journal se trouvera joliment affaibli.

Si cette assemblée avait été composée seulement d’un tiers des électeurs de chaque paroisse, je suis certain que le Docteur aurait été loin, très loin d’avoir une majorité en sa faveur. Je connais des paroisses qui n’étaient pas représentées du tout. St.-Maurice, paroisse qui compte au-delà de quatre cents votants, était représentée seulement par huit de ces habitants. Voyez-vous, on avait pris tout le soin imaginable, afin qu’il y eût le moins de monde possible, la manière dont cette assemblée a été convoquée, l’indique suffisamment. On l’a fait annoncer aux portes des églises le dimanche, comme devant avoir lieu le lendemain à onze heures. Comme vous voyez, M. le Rédacteur, nous n’avions pas beaucoup de temps à nous voir, et il fallait être joliment matinal pour se rendre à l’heure. Aussi les personnes présentes étaient-elles tout au plus au nombre de deux cents.

Le docteur parla environ deux heures en faveur du projet de confédération. Entre autres choses, il nous dit : « que comme l’union faisait la force, en nous unissant aux provinces d’en bas, nous deviendrions un peuple fort, puissant, capable de protéger nos intérêts, de défendre ses droits, surtout avec nos voisins, qui, paraît-il, jettent quelquefois un œil de convoitise sur le Canada »

M. Martineau et M. Rocheleau, parlèrent contre le projet de confédération. Ils le firent en peu de mots ; mais ces quelques mots suffirent pour donner l’éveil aux gens et les mettre sur leur garde et les avertir que la chose était tellement importante qu’elle devrait être mise plus longtemps sous considération afin d’être mieux connue.

Ensuite M. Gaudet nous entretint pendant près d’une heure. Durant ce temps, il nous a parlé environ dix minutes sur le projet ; le resto a été employé à déblatérer contre la mauvaise administration McDonald-Dorion ; il a même encore été jusqu’à brailler les Aylwards. Comme il était touchant ! Pour en avoir une idée il fallait l’entendre. Personne n’a pleuré cependant….

Ensuite on passa les résolutions que vous avez dû lire.

Le docteur Ross et ses amis de Ste. Anne, étant arrivés les premiers à Ste. Geneviève, purent mettre leurs chevaux dans les écuries où il y avait des places ; de sorte qu’il n’en resta pas pour les chevaux de ceux qui arrivèrent plus tard. Comme l’assemblée dura jusqu’à cinq heures, un bon nombre opposé au projet partit avant la fin des procédés. C’est ce qui a donné au docteur une faible, bien faible majorité, si toutefois il l’avait réellement.

Voilà, M. le rédacteur, le magnifique, triomphe remporté par le docteur Ross dans son comté.

UN ELECTEUR.

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