« La Confédération à Montréal », Le Pays (4 février, 1865)


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Date: 1865-02-04
Par: Le Pays
Citation: « La Confédération à Montréal » Le Pays (4 février, 1865)
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La Confédération à Montréal.

Nous publions ci-dessous les procédés de l’assemblée qui a eu lieu, mercredi dernier, à Montréal, au sujet de la confédération, et dont nous parlions jeudi.

La Minerve veut faire croire que c’était une démonstration de parti. Rien n’est plus faux. Toutes les couleurs politiques ont été confondues, et il n’y avait au milieu de cette nombreuse réunion qu’un sentiment : celui du patriotisme et celui de la conservation de ce qui est cher aux canadiens français.

Voir le rapport de cette assemblée.

A une assemblée de citoyens de la cité de Montréal, tenue ce premier jour de février 1865, dans la salle publique de l’Institut Canadien-Français.

M. Romuald Trudeau est appelé au fauteuil et J. A. A. Beile agit comme secrétaire.

MM. C. S. Cherrier, C. R., C. J. Laberge, C. R., G. E. Clerk, R. Laflamme, C. R., W. Dorion et M. Lanctôt, prennent successivement la parole sur le sujet de la convocation de l’assemblée, savoir : la confédération projetée des provinces britanniques de l’Amérique du Nord, se prononçant tous contre la mesure proposée.

Proposé par C. S. Cherrier, écuier, C. R., secondé par Narcisse Valois, écuier, et

Résolu :—Que la tentative de changer la constitution du pays sans que le peuple ait émis aucun vœu à cet égard, a dû nécessairement faire naître dans l’esprit de ses habitants des craintes et des appréhensions bien fondées.

Proposé par G. E. Clerk, écuier, secondé par Louis Boyer, écuier, et

Résolu :—Que ces craintes n’ont été que trop justifiées par le projet de confédération parvenu à la connaissance du public, lequel, sous quelque rapport qu’on l’envisage, ne peut être considéré que comme la réalisation de projets mis au jour à diverses époques par les adversaires des institutions civiles et religieuses du Bas-Canada, qui de tout temps avant l’union, quand ils ont voulu porter atteinte à l’influence de la majorité de ses habitants, ont suggéré dans l’organisation du pays, des changements analogues à ceux que l’on médite d’imposer au peuple du Bas-Canada.

Proposé par Rodolphe Laflamme, écuier, C. R., secondé par M. J. A. Plinguet, écuier, et

Résolu :—Qu’un semblable projet, s’il était adopté, n’aurait d’autre résultat que d’affaiblir les liens qui attachent le Bas-Canada à la Grande-Bretagne en créant dans l’esprit de ses habitants de justes alarmes sur la conservation de tout ce qui est cher à un peuple loyal et capable d’apprécier les droits d’un sujet anglais.

Proposé par l’hon. M. Charles J. Laberge, secondé par Joseph Beile, écuier, et

Résolu :—Que les difficultés sectionnelles qui ont servi de prétexte à des changements organiques dans les institutions politiques du Haut et du Bas-Canada sont susceptibles d’une solution équitable, sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à un moyen aussi dispendieux et aussi extrême que celui d’une confédération qui n’en a que le nom, sans en avoir les caractères essentiels, et notamment ceux qui pourraient assurer au Bas-Canada son autonomie et la conservation de ses institutions.

Proposé par Napoléon Bourassa, écuier, secondé par D. H. Senécal, écuier, et

Résolu :—Que dans l’opinion de cette assemblée tous ceux qui s’intéressent au bien-être du Haut et du Bas-Canada, doivent prêter leur concours à toutes mesures qui auraient pour objet de faire disparaître les difficultés sectionnelles dont il est question ci-haut, pourvu qu’elles aient pour résultat la conservation de l’autonomie de chacune de ces deux sections.

Proposé par P. Mathieu, écuier, secondé par Édouard Gauthier, écuier.

Résolu : Qu’il est du devoir des habitants du Bas-Canada de s’opposer par toutes voies constitutionnelles à la réalisation du projet de Confédération et de demander à la Législature de refuser son concours à tout changement organique qui pourrait affecter les intérêts de chacune des deux sections de la province, à moins qu’il ne soit sanctionné par la majorité des habitants de chacune d’elles, au moyen d’un appel au peuple.

Proposé par John Pratt, écuier, secondé par R. Plessis Bélair, écuier, et

Résolu :—Qu’un comité soit nommé pour empêcher, au moyen de requêtes et autres procédés constitutionnels, la réalisation du projet de confédération soumis à la législature et que ce comité soit composé des messieurs qui ont convoqué cette assemblée, du président et du secrétaire, et des moteurs et secondeurs des résolutions adoptées à cette assemblée, avec pouvoir d’ajouter à leur nombre.

Des remercîments sont votés au président et au secrétaire.

Et la séance est levée.

R. TRUDEAU, Président. J. A. A. BELLE, Secrétaire.

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