« LES PROTESTANTS CRIENT AVEC RAISON VICTOIRE ! », L’Union Nationale (23 novembre, 1866)


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Date: 1866-11-23
Par: L’Union Nationale
Citation: « LES PROTESTANTS CRIENT AVEC RAISON VICTOIRE ! » L’Union Nationale (23 novembre, 1866)
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LES PROTESTANTS CRIENT AVEC RAISON “VICTOIRE !”

On lit dans le Canadien : Le Spectator d’Hamilton, journal ministériel, mais plus honnête que nos journaux catholiques, démontre que la politique de MM. Cartier, Langevin et Chapais ne doit profiter qu’aux protestants du Bas-Canada. La minorité catholique du Haut-Canada ne peut y gagner non plus, comme dit le Spectator, puisqu’elle aura contre elle, deux majorités protestantes au lieu d’une, majorité dans la chambre locale, majorité dans la chambre fédérale ; mais il n’en sera pas de même de la minorité protestante du Bas-Canada ; elle aura, elle, une majorité protestante et toute puissante, en sa faveur, dans la législature fédérale, et l’on ose dire, encore, en dépit du sens commun, que les deux minorités vont avoir une protection égale, des garanties égales, au moyen de l’appel au gouvernement général ! Laissons parler le Spectator. Les catholiques jugeront de la perfidie du ministère et de ses organes par ce que dit ce journal ministériel et protestant : « Ceci ne fait que constater qu’il y a eu une intention de régler le système d’école du Bas-Canada, dans l’intérêt des protestants de cette section, et c’est en conformité d’une convention solennelle faite avec eux dans le temps, que les résolutions sur la confédération ont été adoptées. Le Globe sait que tout droit d’appel de la part de la minorité du Haut-Canada, à la législature fédérale, serait sans effet sur cette question. Il a toujours prétendu que la représentation sur la population, en Canada, empêcherait tout empiètement probable sur notre système, en égard à la plus grande représentation que cela donnerait à cette section de la province. « Plus que cela, les provinces inférieures y seront aussi représentées, ajoutant ainsi un surplus non seulement à la majorité protestante, mais même à la majorité d’école anti-sectaire, vu que dans aucune des provinces inférieures, il n’existe d’école séparée. » Lorsqu’une plus grande représentation, dans le Canada seul, a toujours été regardée comme une sauvegarde parfaite de notre système d’école commune, il serait de la plus grande absurdité de prétendre que ce système est un danger, quand, en audition à cette représentation plus grande, nous avons les représentants de deux provinces protestantes, le Nouveau Brunswick et la Nouvelle Ecosse. « Le cas est différent avec la minorité protestante du Bas-Canada. Si elle en appelle, ce sera d’une majorité locale hostile, à une majorité anglaise américaine amie.

Le Chronicle de Québec, autre organe du ministère publié à Québec, est parfaitement d’accord avec le Spectator, cité par le Canadien. « Nous ne voyons pas, dit-il, en résumé, en quoi le droit d’appel que l’on se proposerait d’accorder aux minorités peut faire présager le dérangement de l’état des choses dans le Haut-Canada. Tout ce que les délégués peuvent faire, c’est d’influencer la législature locale, [une?] fois la confédération faite. Mais on sait [bien?] que tous leurs efforts, contre le vœu général de toute la province supérieure, soit pour [persuader?] la législature locale ou la législature [centrale?], ne saurait avoir l’effet de donner [aux?] catholiques plus que ce qu’ils ont aujourd’hui.

Tandis que le seul et le plus sûr moyen de donner effet à la promesse qui a été faite à la minorité protestante du Bas Canada, c’est de lui donner le droit d’en appeler à la législature centrale, dans le cas où la législature locale du Bas-Canada refuserait aux protestants ce que M. Cartier leur a solennellement promis. »

Mais pourquoi aller chercher l’aveu de la trahison des ministres catholiques dans les journaux protestants, tandis que nous l’avons de la Minerve même. Pour rassurer le Globe et M. Brown, qu’elle assommait de compliments, l’autre jour, de crainte de perdre leur influence et leur appui, accordés fort naturellement à la confédération jusqu’à ce jour, ne disait-elle pas hardiment, pour ne pas dire avec cynisme, que la majorité protestante du Haut Canada ne pouvait pas raisonnablement craindre que le système éducationnel haut-canadien fût changé par la législature centrale ? Cela est la quintessence de l’article de la Minerve : qu’on y regarde d’un peu plus près, et on verra « la chose claire comme le jour, » dans l’article de la feuille-apostat.

MÉDÉRIC LANCTÔT

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