« PÉTITION DES PROTESTANTS DU BAS CANADA », L’Union Nationale (27 novembre, 1866)
Informations sur le document
Date: 1866-11-27
Par: L’Union Nationale
Citation: « PÉTITION DES PROTESTANTS DU BAS CANADA » L’Union Nationale (27 novembre, 1866)
Autres formats: Á préciser.
PÉTITION DES PROTESTANTS DU BAS CANADA.
Le Chronicle de Québec publie la requête de l’association des instituteurs protestants du Bas-Canada à Sa Majesté. Ils se plaignent d’abord de ne pas avoir un système d’écoles semblable à celui du Haut-Canada ; en second lieu d’être taxés pour le soutien d’écoles catholiques ; en troisième lieu de ne pouvoir que difficilement établir des écoles non-dénominationnelles ou séparées et des séminaires pour leur éducation supérieure. A notre sens, il y a autant de contradictions que de mots dans le sens de ce qui précède et l’allusion favorable que l’on fait au système du Haut Canada, a pour but de contrecarrer les démarches qui pourraient être faites par nos co-religionnaires pour obtenir les immunités qui seront unmanquablement accordées au protestantisme. Si le système haut canadien est si satisfaisant, que l’on accorde purement et simplement aux protestants le système qui régit le Haut Canada. Mais s’il faut un [surintendant?] spécial et une foule d’autres immunités pour les protestants du Bas Canada; rien ne prouve que les catholiques du Haut Canada n’aient pas raison d’en demander autant.
Les pétitionnaires relatent ensuite que les promesses qui leur avaient été faites n’ont pas été remplies, et demandent l’introduction de clauses satisfaisantes dans l’acte pour leur garantir l’usage et l’administration exclusifs de leurs fonds et la surveillance de leurs propres écoles.
La Chronicle accompagne la publication de cette requête à Sa Majesté de commentaires très rassurants pour les protestants. Comment le Globe peut il, dit la Chronicle, s’effrayer que l’on veuille ajouter un droit d’appel à la nouvelle constitution, qui ne peut s’appliquer qu’à la minorité protestante du Bas-Canada, puisqu’il est formellement déclaré dans la constitution nouvelle que le système scolaire restera ce qu’il sera lors de la confédération ?
Si le Globe met des entraves, c’est donc que son esprit de parti surpasse son amour pour la confédération et sa ferveur presbytérienne ! S’il était meilleur protestant, il laisserait faire M. Cartier et M. Galt comme bon leur semble. La Chronicle est heureuse de voir ses sympathies politiques ne nuire aucunement à ses aspirations religieuses et à son fanatisme luthérien. Mais les catholiques du Canada, eux, et leur clergé, qu’en pensent-ils ? Quant à nous, nous n’y voyons plus qu’une question sectionnelle : la crainte de voir inaugurer, par ce premier pas vers l’arbitraire et l’inégalité des croyances, les persécutions religieuses, cause la plus vive anxiété dans notre esprit, et tout en ne voulant pas tracer aux [catholiques?] du Haut-Canada leur devoir, dont nous leur laissons le soin et la responsabilité, comme partisan de l’égalité des croyances devant la loi fondamentale du pays, nous protestons encore une fois contre toute tentative de donner à une minorité protestante des immunités que l’on refuse à une minorité catholique.
MÉDÉRIC LANCTÔT.