« NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR M. J. B. E. DORION », L’Union Nationale (6 novembre, 1866)
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Date: 1866-11-06
Par: L’Union Nationale
Citation: « NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR M. J. B. E. DORION » L’Union Nationale (6 novembre, 1866)
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NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR M. J. B. E. DORION. —— (Suite.)
Ici, encore, nous croyons devoir laisser la parole au biographe de la Minerve, qui s’est donné beaucoup de peine pour [compulser?] les dates et les faits importants à noter en cette [notice?] biographique : « Dès l’année suivante, dit l’écrivain de la Minerve, en 1858, il obtenait pour sa localité un bureau de poste et il entreprenait lui-même d’achever la construction d’une église. « Tout en s’adonnant au négoce et au défrichement, M. J. B. E. Dorion ne perdait point de vue la politique qui avait toujours la première place dans ses affections. Il avait fait de son mieux pour acquérir de la popularité dans les townships, préparant ainsi les voies à sa candidature pour les élections générales de 1854. « En 1851, il avait tenté de se faire élire dans le comté de Champlain, son comté natal ; mais il eut la douleur d’être défait par M. Marchildon qui l’emporta sur lui par une majorité écrasante. En dehors de Sainte-Anne où il naquit, il n’obtint que 17 votes favorables.
« On peut dire qu’il prit dignement sa revanche en 1854 dans les comtés unis de Drummond et Arthabaska. Il parvint à réunir 1875 votes en sa faveur tandis que son adversaire, M. Farewell, n’en réunissait que 814.
« Plusieurs de ses amis de l’Avenir entrèrent en parlement en même temps que M. Dorion, mais il les surpassa tous par la hardiesse de ses discours et la témérité de ses déclarations. C’est lui qui eut l’honneur de donner le coup de grâce au ministère Hincks par sa motion relative à l’élection de M. Thimothé Brodeur.
« Dans un discours prononcé en chambre le 18 septembre 1854 on trouve la singulière déclaration qui suit à propos de la confédération des provinces dont on ne parlait guère pourtant à cette époque :
« Nous devrions nous préparer à recevoir « cette proposition. Nous devons nous atten« dre qu’elle nous sera soumise. Quand elle « le sera, il s’élèvera une autre question. Il « sera temps, je crois, de se demander si nous « ne devrions pas nous lever dans cette « enceinte, pour demander par une requête à « la mère-patrie, de nous donner notre congé, « de nous abandonner à nous-mêmes, de nous « accorder notre » INDÉPENDANCE. »
L’un des derniers actes politiques de M. Dorion fut de signer le protêt des représentants anti-fédéraux que nous avons publié dans l’un de nos derniers numéros. Comme depuis la coalition de 1864, nous n’avons été en arrière de personne pour appeler nos compatriotes à protester contre le mal, à s’agiter et à formuler leurs plaintes, nous pouvons rendre à M. J. B. E. Dorion le témoignage d’avoir toujours accueilli nos suggestions de la manière la plus favorable et de s’être montré prêt à mettre son activité, son énergie et son influence au service de la cause nationale.
Il reproduisit, il y a quelques jours, dans le Défricheur, l’article dans lequel nous sollicitions vivement son honorable frère, le chef de l’opposition parlementaire, à convoquer une convention des députés ses amis politiques et de faire signer des requêtes au gouvernement impérial contre la confédération. Voici les remarques que notre article lui avait suggérées :
« Le temps est opportun pour que l’opposition canadienne se fasse valoir en Angleterre aussi bien que celle de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick. Nous approuvons donc l’idée émise par l’ Union Nationale dans un article que nous reproduisons aujourd’hui.
« L’occasion ne peut pas être plus favorable. Si le gouvernement présente un projet au parlement anglais en février, il faudra qu’il continue le principe de la ratification par le peuple, sinon il échouera en face de l’opinion publique anglaise.
« S’il y a une crise ministérielle sur cette question ou sur toute autre, il s’en suivra des élections générales qui retarderont d’un an l’accomplissement des désirs de nos adversaires.
« Dans ce cas, le Canada aura l’occasion de se prononcer, car en juin [1867?], le parlement canadien actuel, Dieu merci, aura vu le terme de ses jours d’iniquités. Des élections générales auront lieu, alors, dans notre pays, et les vendeurs seront chassés du temple par le peuple qui leur infligera la punition qu’ils auront si justement méritée.
« L’espérance fera donc vivre encore les sentiments généreux qui doivent animer les vrais amis du pays, et l’opposition ne devra rien négliger, d’ici à la prochaine session, pour faire valoir la cause qu’elle a épousée.
« Qu’elle agisse d’une manière ou d’une autre et elle aura bien mérité du pays. »
Nous avons l’espoir que si la chose est possible, nos alliés politiques feront tout en leur pouvoir pour mettre à profit des suggestions qui ont reçu la haute et judicieuse approbation du citoyen perspicace et distingué dont la perte est si déplorable pour le pays, qui a tant besoin de toute l’énergie des âmes fortes et patriotiques, pour parer les dangers imminents qui le menacent et le faire entrer dans la voie qui seule doit lui sourire : L’INDÉPENDANCE !
( A continuer. )
MÉDÉRIC LANCTÔT.