« Nouveau Régime », Le Pays (29 mai, 1867)
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Date: 1867-05-29
Par: Le Pays
Citation: « Nouveau Régime » Le Pays (29 mai, 1867)
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Nouveau Régime
C’est le 22 courant que la proclamation qui fixe au 1er juillet le terme de la constitution actuelle et le commencement de celle qui doit la remplacer, a été signée. Elle a dû paraitre samedi dans la Gazette de Londres. Cette proclamation contient la liste des sénateurs nommés dans les différentes provinces qui vont former la confédération. Nous donnons d’après les organes ministériels les noms de ceux qui ont été nommés pour la province d’Ontario et pour celle de Québec.
Les premiers sont :-
L’Hon. J. Hamilton,
» R. Matheson,
» J. Ross,
» S. Mills,
» B. Seymour,
» W. H. Dickson,
» J. Shaw,
» A. J. F. Blair,
» A. Campbell,
» D. Christie,
» J. C. Aikins,
» D. Reesor,
L’Hon. E. Leonard,
» W. McMaster,
» A. A. Burnham,
» J. Simpson,
» J. Skead,
» D.L McPherson,
» G. Crawford,
» D. McDonald,
» O. Blake,
» B. Flint,
» W. McCrea,
» G. W. Allan,
Ce qui laisse de côté :-
L’Hon. Geo. Goodhue, London.
» Geo. Boulton, Cobourg.
» E. Perry, Niagara.
» B. Bull, Burlington.
» T. Bennett, Eastern.
» G. Alexander, Gore.
» R. Read, Quinte.
» J. R. Benson. Niagara.
» A. Vidal, St. Clair.
Les seconds sont :
L’Hon. Jas. Leslie,
» A. B. Foster,
» J. B. Bossé,
» C. Mallhiot,
» L. A. Olivier,
» J. O. Bureau,
» L. Renaud,
» L. Letellier de St. Just,
» A. J. Duchesnay,
» U. J. Tessier,
» J. Hamilton,
» C. Cormier,
» J. S. Sanborn.
L’Hon. D. E. Price,
» L. Dumouchel,
» L. Lacoste,
» C. Wilson,
» W. H. Chaffers,
» J. F. Armand,
» Sir N. F. Belleau
» E. H. J. Duchesnay,
» J. B. Guévremont,
» F. Ferrier,
» T. Ryan,
Ce qui laisse de côté :-
L’Hon. Philip H. Moore,
» Louis Panet,
» D. M. Armstrong.
» J. B. Proulx, Lavallière.
» P. U. Archambault, Repentigny.
» E. Prudhomme, Rigaud.
» J. E. Gingras, Stadacona.
Il est difficile de comprendre d’après quelle règle l’on a procédé à l’élimination de certains conseillers et au choix de quelques autres. La nouvelle constitution donne à la couronne le droit de nommer les sénateurs. C’est un retour à l’ancien système. Ceux qui l’ont fait adopter ont donc déclaré que la nomination des conseillers par la couronne était préférable au système électif qui lui avait été substitué, et, pour être logiques, ils auraient dû conserver dans le sénat tous les anciens conseillers qui avaient été nommés à vie et dont les lettres patentes avaient été respectées lorsque le conseil législatif a été rendu électif.
Il y a une contradiction frappante dans la conduite du ministère, qui, tout en proscrivant le système électif dans la nouvelle constitution pour y substituer le patronage de la couronne, élimine cependant du conseil ceux qu’elle avait nommés pour choisir plusieurs des conseillers élus par le peuple. Mais l’on a également mis de côté plusieurs conseillers élus, comme messieurs Proulx, Archambault, Prud’homme et Gingras. -Les choix n’ont donc pas été dictés par une préférence pour une classe de conseillers plutôt que pour une autre. Nous aurions aimé à trouver que les services rendus les aptitudes et les capacités seules eussent déterminé le choix, mais en voyant qu’un Guévremont, qui sait à peine signer son nom, qui n’a aucune desqualifications requises pour l’honneur qu’on lui a conféré, a pu être préféré à des hommes instruits et éclairés comme M.M. Armstrong, Proulx et Archambault, que leur indépendance de fortune et de caractère, leur esprit pratique et éclairé qualifiaient sous tous rapports à remplir les charges de sénateurs, nous sommes forcés de dire que les ministres ont été guidés dans leur choix plus par leur caprice et le favoritisme que par un sentiment élevé de ce qu’exigeait d’eux l’intérêt du pays.
Cette proscription d’hommes comme ceux que nous venons de nommer est un singulier contraste avec les articles des journaux ministériels, qui implorent l’opposition pour faire taire tout esprit de parti, pour se rallier autour de la nouvelle constitution et pour ne choisir que les hommes les plus en état de la faire fonctionner. Les ministres ont eu les premiers occasion de faire preuve de ce patriotisme qu’ils réclament et leur premier acte est un démenti formel aux protestations de leurs organes. S’il ne devait pas y avoir de partis à l’inauguration de la nouvelle constitution, les ministres ne devraient-ils pas choisir les sénateurs, leurs qualifications et leurs services sans égard à leurs opinions politiques. Or, quel est celui d’entre les conseillers actuels qui méritait plus cet honneur que M. Armstrong qui, depuis l’union n’a pas cessé un instant d’occuper une position distinguée, d’abord dans l’Assemblée Législative comme représentant du comte de Berthier, et ensuite dans le Conseil. Qui ne se rappelle les services qu’il a rendus dans la grande lutte des censitaires pour abolir les droits seigneuriaux. Ce sont là certainement des titres que l’on n’aurait pas dû ignorer. Pourquoi MM. Moore, Proulx et Archambault ont-ils été laissés de côté lorsqu’on a nommés tant d’hommes qui étaient leurs inférieurs sous tous rapports ?
Avec des choix comme plusieurs de ceux que l’on a faits, le sénat deviendra ce qu’était l’ancien conseil législatif un corps parfaitement inutile, un moyen pour le gouvernement de se débarasser des nullités qui l’importuneront. Voilà ce que nous promet le nouveau conseil.