« Revue » Le Défricheur (12 avril, 1865)


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Date: 1865-04-12
Par: Le Défricheur
Citation: « Revue » Le Défricheur (12 avril, 1865)
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Revue.

Les ministres, MM. Cartier et Galt doivent s’embarquer aujourd’hui, à Boston, pour se rendre en Angleterre. Ils sont partis de Montréal, lundi. MM. Brown et J. A. McDonald doivent les suivre par un vapeur qui partira le 19 courant.

Leur mission est d’une haute importance pour le pays. Avec les opinions qu’on leur connait nous craignons fort qu’ils aillent compromettre l’avenir du pays en prenant vis-à-vis de l’Angleterre des engagements beaucoup audessus de nos ressources actuelles.

Les dernières nouvelles d’Angleterre nous annonce que le parlement anglais a voté la somme de $250,000 pour les fortifications de Québec et ses environs. Cela n’est qu’une goutte d’eau dans le St. Laurent, comparée à ce qu’il faudra pour fortifier Québec d’une manière convenable.

Un débat intéressant a eu lieu dans la Chambre des communes au sujet de la défense militaire du Canada lors du vote d’argent pour Québec.

L’avis de l’abrogation du traité de réciprocité par le gouvernement américain a été signifié au gouvernement anglais. Reste à savoir si ce gouvernement réussira à conclure un nouveau traité de commerce avec nos voisins. Les membres du gouvernement canadien devront s’occuper de cette importante question pour nous lors de leur séjour en Angleterre. Espérons que rien ne sera négligé pour nous assurer la continuation des relations commerciales actuelles entre le Canada et les Etats Unis. Nous plaçons cette question beaucoup audessus du projet de la confédération et nous suivrons avec beaucoup d’intérêt tout ce qui s’y rattachera.

Les journaux ministériels viennent de prendre un nouveau ton au sujet de la confédération des provinces. Le Globe qui avait annoncé que le projet était anéanti par l’opposition des Provinces d’en bas et qui demandait la fédération des deux Canada, vient de publier de nouveaux articles dans lesquels il s’efforce de faire voir que tout n’est pas perdu quant au projet ministériel et que les colonies sœurs sont plus favorables au projet qu’on ne le croyait d’après ce qui vient de se passer et que bientôt l’opinion publique accepterait les idées de la conférence de Québec.

D’autres journaux ministériels ont fait le relevé des votes enregistrés dans les élections générales du Nouveau Brunswick pour faire voir qu’il n’y en a que 500 de plus d’enregistrés contre le projet que ceux qui lui étaient favorables, mais les braves journaux, fidèles à leur habitude ordinaire de dénaturer tout ce qui leur est défavorable n’ont pas tenu compte des voix des comités qui ont été unanime à repousser le projet dans les dernières élections.

On dit que durant les dernières séances du Conseil Exécutif, à Québec, lorsqu’il s’est agi de la délégation qui devait aller en Angleterre il y a eu beaucoup de dissension, même de dissension dans le cabinet Les uns voulaient renoncer au projet de la Confédération comme étant une impossibilité dans les circonstances actuelles. Les autres insistaient pour en pousser la marche contre le sentiment des manifestations qui ont eu lieu dans la majorité des provinces. Ceux-ci paraissent l’avoir emporté si nous en jugeons par le ton de la presse ministérielle qui croit encore à la possibilité de faire passer la mesure dans le parlement impérial en dépit de toute opposition.

Pour comble de malheur, pour MM. les partisans de la Confédération, voilà que le secrétaire des colonie, M. Cardwell, vient de faire une déclaration dans la chambre des communes qui devra les convaincre que l’Angleterre n’entent pas imposer la Confédération aux provinces dans les circon lances présentes.

Le 23 mars, Lord Cecil demanda au gouvernement impérial, dans le parlement anglais, si le gouvernement avait l’intention de réunir les colonies dans une confédération malgré l’opposition de certaines d’entrélles à en faire partie ?

Le secrétaire des colonies répondit que le gouvernement n’avait pas d’autre intention que celle qui avait été annoncée à la chambre. Le ministère avait approuvé le projet de la conférence de Québec; il avait exprimé l’espoir que ce projet serait adopté par les législatures coloniales et annoncé que dans ce cas le gouvernement serait prêt à adopter les mesures nécessaires pour lui donner effet.

Cette déclaration officielle, en plein parlement, vaut bien les prétentions des journaux ministériels du Bas-Canada qui veulent faire croire que la Confédération n’est pas morte et que l’Angleterre serait justifiable de nous l’imposer.

Ainsi donc, pas de Confédération des provinces, par l’Angleterre, contre le gré des colonies.

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