« Considération sur le vote de Vendredi » Le Défricheur (15 mars, 1865)


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Date: 1865-03-15
Par: Le Défricheur
Citation: « Considération sur le vote de Vendredi » (15 mars, 1865)
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Considération sur le vote de Vendredi.

Un proverbe populaire dit que ce qui se fait le vendredi porte malchance. Le vote de vendredi ne fera pas exception à la règle. Il fera le malheur de ceux qui ont participé à cette criante injustice, si, toutefois, il ne fait pas le malheur du pays même, chose qui arrivera certainement si ce vote a l’effet de nous faire imposer la Confédération par l’Angleterre.

Nous voulons analyser les éléments du vote en question.

Nous avons déjà distrait de la division l’élément canadien-français.

On a vu que 26 Canadien-français avaient voté pour la Confédération, et que 22 avaient voté contre.

La majorité des canadiens français en faveur de la Confédération, n’a donc été que de 4.

C’est déjà beaucoup, c’est déjà trop pour l’honneur du nom Canadien-français. Mais, avec une chambre composée comme la nôtre, on peut encore se féliciter que la mauvaise cause n’ait eu que 4 votes de plus que la bonne cause.

Si MM. Huot et Rémillard eussent voté du bon côté, au lieu de trahir leurs électeurs et leur pays, les voix canadiennes-françaises, eussent été également partagées. M. Huot était pourtant l’homme du National et de l’influence française en Amérique ! On connaîtra avant longtemps la valeur et le juste prix de son patriotisme bouillant. Quant à M. Rémillard, il a cru que le meilleur moyen de gagner la confiance de ses électeurs, c’était de les perdre. Il verra avant longtemps que le meilleur moyen de perdre cette confiance, c’est d’essayer de la gagner d’une si honteuse manière.

L’esprit de parti n’a pu aveugler ces hommes : l’intérêt a été leur seul mobile. Ils sont les plus blâmables peut-être. Quant à nous, nous ne leur cachons pas tout ce que leur conduite inspire de dégoût à nos concitoyens.

On a vu que la division avait été sur la question préalable de 88 contre 39. Si MM. Huot, Evanturel et Gaudet, qui ont voté contre la question préalable, qui fermait la porte aux amendements, eussent été logiques, ils eussent voté contre la motion principale même. Mais non, ils ont eu la maladresse ou le triste courage de voter pour un projet dont il condamnant quelques-unes des clauses essentielles, puisqu’ils voulaient avoir l’occasion de proposer des amendements. Quelle inconsistance ! quel exemple de faiblesse et de dénuement moral !

Néanmoins, il reste acquis à la vérité qu’une majorité de deux voix, parmi les Canadiens Français, s’est prononcée contre le projet de confédération, tel qu’il est, dans toute son horreur. Cela ne justifie pas le vote qu’ils ont ensuite donné en faveur de ce même projet. Au contraire : leur tort n’en est que moins évident, leur trahison plus patente et plus méprisable.

Mais l’Angleterre ne pourra ignorer que la majorité des représentants Canadiens français était virtuellement opposé au projet de confédération, et qu’en l’imposant au Bas-Canada elle fait une injustice inqualifiable à une population qui a versé son sang pour conserver à la couronne britannique le plus beau de ses fleurons — la plus belle de ses colonies. — Union Nationale.

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