« Sans Titre » Le Défricheur (1 mars, 1865) [2]
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Date: 1865-03-01
Par: Le Défricheur
Citation: « Sans Titre » Le Défricheur (1 mars, 1865)
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Ste. Julienne 22 février 1865.
Narcisse Poirier, écuyer, juge de paix, l’un des magistrats qui ont convoqué l’assemblée, propose que Joseph Marion, écuyer, juge de paix et capitaine de milice, de St. Jacques soit nommé président et John Gannon écuyer, de Ste. Julienne, vice président et Mederic Faucher, écuyer, marchand de St. Jacques, soit nommé secrétaire.
Adopté à l’unanimité.
M. Marion explique en quelques mots le but de l’assemblée et pourquoi il accepte la présidence.
M. Gagnon prend aussi la parole et se prononce fortement contre la Confédération.
Médéric Lanetot écuyer, avocat, est ensuite invité à prendre la parole, et discute le projet de confédération.
M. Odilon Poirier prend la parole pour justifier l’absence de Joseph Dufresne écr., le représentant du Comté, en disant qu’il n’a pas été légalement invité et que la dépêche qui lui a été envoyée n’etait pas payée.
M. Mederic Lanetot explique que la dépêche des deux juges de paix lui a été transmise dimanche soir et qu’il l’a expédiée à Québec lundi matin ; que deux ou trois heures après il a reçu une dépêche télégraphique de Québec l’informant que M. Dufresne ne voulait pas accepter la dépêche parce que le coût savoir 79 cents n’etait pas payé, et que lui, M. Lanetot, avait alors payé la dépêche.
M. Odilon Poirier reprend la parole et dit que la convocation contient un mensonge parce qu’il y est dit que le représentant du comté a été invité et que lorsque la dite convocation a été lue, le représentant du comté n’etait pas invité
M. Laurier dit que la dépêche a été renvoyée dimanche matin par un courrier à Montréal et qu’en conséquence les magistrats avaient droit de dire que le représentant du comté était invité la dépêche étant partie du comté avant la publication des convocations.
M. Odilon Poirier crie un hurlement et il demande aux gens de le suivre. Il quitte l’assemblée et est suivi par deux ou trois personnes.
Les résolutions suivantes sont alors proposées et adoptées, une seule voix criant non dans l’assemblée, à la demande qui est faite par le secrétaire si l’assemblée est pour ou contre.
Proposée par Narcisse Tellier, écuyer, juge de Paix, de St. Esprit, secondé par Cyrille Morin, écuyer, juge de paix, de Chertsey.
Et Resolu: Que, dans l’opinion de cette assemblée, c’est faire mépris du peuple et de ses droits que de vouloir changer la constitution du pays avant que le peuple n’ait eu le temps d’apprécier les changements proposés et sans avoir obtenu son consentement d’une manière directe et certaine, et qu’une constitution imposée n’est jamais acceptée.
Proposé par Gilbert Brisson, écr., juge de paix, de St. Liguori, secondé par Octave Morin, écr., du même lieu.
Et Resolu: Que sous aucunes circonstances, aucun changement constitutionnel ne devrait avoir lieu que du consentement de la majorité des représentants du Bas-Canada expressément autorisés par des électeurs à faire des changements constitutionnels.
Proposé par Joseph Laporte, écuyer notaire de St. Esprit, secondé par M. Louis Langlois, de St. Liguori.
Et Resolu: —Que d’après les explications qui ont été données aujourd’hui sur le projet de confédération, il est bien évident que ce projet serait la ruine du Bas-Canada, exposerait à des dangers inévitables les institutions particulières du Bas-Canada, et serait de nature à susciter entre les diverses races qui habitent ce pays des troubles civils et religieux et à mettre fin à la bonne entente qui devrait continuer d’exister entre elles.
Proposé par Aimé Rionelle, écr., marchand et juge de paix de St. Esprit, secondé par M. James Keenan, de Ste. Julienne.
Et résolu : Que cette assemblée croit de son devoir de blâmer le vote donné par la majorité de la chambre d’assemblée en faveur de la création d’une nouvelle nationalité : chaque race qui habite ce pays désirera conserver sa nationalité respective, c’est-à-dire sa religion, sa langue et ses institutions particulières. Proposé par A. G. Richard, écuyer, avocat de Ste. Julienne. Secondé par M. Hilaire Etier, du même lieu.
Et Résolu : Que cette assemblée regrette que le représentant de ce comté n’ait pas jugé à propos de se rendre à cette assemblée et qu’une copie des résolutions adoptées à cette assemblée lui soit envoyée et il lui est respectueusement et expressément enjoint de se conformer aux dites résolutions.
M. Odilon Poirier, de St. Alexis, secondé par Pierre Blouin, écuyer, notaire de St. Jacques, propose en amendement à cette dernière proposition un vote de confiance dans l’administration et dans le représentant du comté et approuvant le projet de confédération, et demande que la division se fasse sur cet amendement.
Le président requiert ceux qui sont pour cet amendement de passer du côté de M. Odilon Poirier. Personne ne passant du côté indiqué, le président répète à plusieurs reprises que ceux qui sont pour l’amendement passent du côté de M. Poirier, et M. Poirier lui-même invite ceux qui sont pour son amendement à passer du côté où il se trouve.
Personne ne passant du côté indiqué, M. le président déclare l’amendement rejeté à l’unanimité, et la motion principale adoptée à l’unanimité.
L’assemblée crie trois hourrahs et se disperse paisiblement.
Joseph Marion, président.
John Gannon, vice présid.
Med. Faucher, secrétaire.