« Sans Titre », Le Pays (26 janvier, 1867)
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Date: 1867-01-26
Par: Le Pays
Citation: « Sans Titre » Le Pays (26 janvier, 1867)
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u sujet de la confédération, la correspondance suivante a été publiée par le London Examiner ; sa modération et les vérités qu’elle contient la recommandent à l’attention de nos lecteurs :
Je vois par les journaux qu’un certain nombre de délégués de nos provinces de l’Amérique Britannique du Nord, sont maintenant ici occupés à élaborer une mesure pour confédérer nos possessions transatlantiques. Je n’offre aucune opinion sur la politique de confédération coloniale, mais on doit remarquer ce qui suit :
Que trois seulement des cinq provinces, le Canada, la Nouvelle Ecosse et le Nouveau Brunswick, ont envoyé des délégués en Angleterre.
Que l’Ile du Prince Edouard et Terre-Neuve ont refusé de s’occuper de la question ;
Qu’il y a une population de quatre millions dans l’Amérique Britannique du Nord, dont seulement 400,000, ou un sur dix, ont eu une occasion d’exprimer leur opinion aux polls, sur une mesure qui doit changer les rapports des colonies entr’elles et la mère-patrie. Et de ces derniers, 270,000 dans une province se sont déclarés pour, et 130,000 dans une autre se sont déclarés contre ;
Que la législature du Canada a dit son dernier mot sur le sujet, et que les résolutions autorisant la nomination des délégués pour la Nouvelle Ecosse et le Nouveau Brunswick ont été passées avec l’entente distincte que ce plan embrasserait toutes les provinces ;
Que pendant que le parlement du Canada adoptait le soi-disant plan de Québec dans toutes ses parties, les législatures de la Nouvelle Ecosse et du Nouveau Brunswick le répudiaient comme injuste vis-à-vis des provinces maritimes.
Maintenant quelque puisse être la décision des délégués, on ne peut demander au parlement impérial de passer aucune mesure qui ne serait pas renvoyée pour être ratifiée par les parlements et les électeurs des diverses provinces.
Si le plan de Québec était adopté, ce serait une violation de foi de l’imposer aux habitants de la Nouvelle Ecosse et du Nouveau Brunswick ; et si tout autre était adopté, ce serait manquer également de loyauté de l’imposer aux canadiens.
Le gouvernement de ce pays doit faire attention de ne pas se faire le bouc émissaire de ces politiciens coloniaux, et, à leur suggestion, d’incorporer dans un acte du parlement impérial ce qu’aucun d’eux n’ose soumettre à la considération de leurs propres législatures.
Que ces messieurs des colonies préparent leur mesure, si cela leur plaît, mais le parlement ne doit en aucune manière s’en occuper avant qu’elle ait été publiée dans les provinces et ratifiée par le peuple. Après que cela aura été fait, les habitants des colonies ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes, si le plan fonctionne mal. Si on l’imposait aux provinces par un acte arbitraire du parlement, toutes les conséquences mauvaises qui pourraient en résulter seraient imputables à la classe gouvernante de ce pays. Lorsque l’on voit le peuple des îles britanniques demander à hauts cris une extension de franchises, ce n’est pas le temps pour le gouvernement et le parlement de l’Angleterre de refuser au peuple de cinq loyales provinces britanniques l’exercice de cette franchise qu’il possède maintenant, et cela, sur la plus importante question qui ait jamais occupé son attention.
Je suis etc.
20 décembre. JUSTITIA.