« Un Conseil Important aux Électeurs », Le Pays (29 mai, 1867)
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Date: 1867-05-29
Par: Le Pays
Citation: « Un Conseil Important aux Électeurs » Le Pays (29 mai, 1867)
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Un conseil important aux électeurs.
Puisque la confédération est chose réglée, il faut, dit-on de toutes parts, en tirer le meilleur parti possible. La confédération aura certainement pour effet, comme elle a eu pour but, de faire disparaître la langue française de l’enceinte du parlement fédéral. 182 membres siégeront aux communes. Le Haut-Canada, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse y en enverront 117, qui ne parleront pas français. Le Bas-Canada y en enverra 65 qui seront censés le parler, mais qui ne le parleront pas tous, car il y aura, comme aujourd’hui, au moins une dizaine de députés anglais, les députés des cantons de l’est, par exemple. Ainsi, en réalité, il y aura dans les Communes 55 français, contre 127 anglais. C’est dire que la langue française n’y sera jamais parlée.
Déjà, à l’heure qu’il est, dans un parlement de 130 membres, dont 55 parlent français, la langue anglaise est la langue quasi-officielle; celle dans laquelle se discutent toutes les grandes questions. Et cela se comprend bien. Il n’y a que lorsqu’il s’agit des intérêts bas-canadiens exclusivement que le français est parlé, ou, encore, quand il surgit des questions personnelles entre députés canadiens-français. Que sera-ce-donc dans les communes ? On n’y parlera absolument point notre langue. Tout se fera en anglais. Il est bien vrai que la langue française sera tolérée, mais à quoi servira-t-il de la parler, quand on se fera comprendre de 55 membres, et que 127 n’y verront que du feu ?
Il importe donc, autant que faire se pourra, que les électeurs bas-canadiens députent aux Communes des hommes sachant et le français et l’anglais.