« Une réponse à la protestation des membres de l’opposition », Le Pays (13 novembre, 1866)


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Date: 1866-11-13
Par: Le Pays
Citation: « Une réponse à la protestation des membres de l’opposition » Le Pays (13 novembre, 1866)
Autres formats: Á préciser.


Une réponse à la protestation des membres de l’opposition. ——

Aussitôt après la publication de la protestation des membres de l’opposition contre le projet de confédération, la Gazette de Montréal annonça avec emphase qu’elle publierait le lendemain une revue par un M. P. P. qui anéantirait les arguments des auteurs de la lettre à Lord Carnarvon. Enfin, lundi, après quinze jours d’attente cette fameuse revue a été publiée. Afin que nos lecteurs puissent juger de la puissance des arguments dont on se sert dans les légions ministérielles, nous tacherons de la reproduire en [entier?] — si les autres matières nous le permettent.

L’auteur de cette revue qu’il adresse à Lord Carnarvon nous dit qu’il ne signe pas sa lettre, mais que son nom n’est probablement pas un secret pour personne. Nous n’avions pas lu dix lignes de cette prétentieuse épitre, que nous avions deviné le nom de ce modeste membre du parlement, et nous ne dévoilons aucun secret en disant que M. Thomas D’Arcy McGee est l’auteur de cette étourdissante revue.

M. McGee commence sa lettre par une naïveté et un mensonge. Il nous dit en parlant des cinq signataires de la protestation qui ont fait partie d’une précédente administration, qu’il y a un certain plaisir à se rappeler la possession temporaire de titres que l’on a eu, même lorsque l’on est obligé d’y ajouter le mot « ci-devant. » Personne ne révoquera en doute cette assertion du ministre d’agriculture lorsqu’on se rappelle avec quelle tenacité il s’est cramponné à son portefeuille de ministre, quelle colère il a manifesté lorsqu’éconduit de l’administration McDonald Sicotte, qu’il avait trahie au moment critique, il s’en prenait à tout le monde de ce qu’il n’était plus ministre — et quel sacrifice d’opinion et d’amour propre, il a fait pour rattraper ce titre, qui lui était échappé. M. McGee attribue aux signataires de la protestation sa propre appréciation de la valeur des titres.

M. McGee n’a pas la mémoire heureuse lorsqu’il s’agit des faits. Ce n’est pas l’administration dont MM. Dorion, Holton, Thibaudeau, Laframboise et Huntingdon [ont?] fait partie qui ont adopté et ensuite abandonné le programme de la double majorité, mais bien l’administration McDonald Sicotte dont il fesait lui-même partie. Pourquoi pervertir les faits. Si c’était une faute d’avoir abandonné la double majorité, M. McGee en est [responsable?] comme ceux qui fesait partie de l’administration et pourquoi alors en accuser ceux qui n’ont jamais fait partie de l’administration ou qui n’y était plus lorsque le programme fut abandonné.

Après avoir lu attentivement cette lettre, qui ne remplie pas moins d’une colonne et demie de la Gazette, nous n’y avons pu trouver l’ombre d’un argument à l’encontre de la demande si juste et si raisonnable des membres de l’opposition qui exposent avec une grande modération ainsi que le reconnaît M. McGee, les raisons qui doivent faire remettre la discussion du projet de confédération dans le parlement impérial jusqu’après les élections générales.

M. McGee est l’écrivain par excellence de la coalition, c’est lui qui s’est chargé au nom du gouvernement de répondre à la protestation des vingt membres de l’opposition — et après tout que trouve-t-on dans cette réponse, une simple assertion que les signataires de la protestation sont des hypocrites, qu’ils paraissent très-modérés dans leur demande, mais que ce sont des annexionnistes des ennemis de la domination anglaise et des gens qui veulent retarder la confédération pour l’empêcher d’avoir lieu — et M. McGee prévient gravement le ministre des colonies de ne pas les juger d’après les raisons contenues dans leur protestation, mais d’après les motifs, que lui M. McGee veut bien leur attribuer. Après avoir lu cette longue diatribe par un homme de la position de M. McGee, qui a eu tout le temps [nécessaire pour?] faire une réponse sérieuse à la protestation des membres de l’opposition, l’on demeure convaincu qu’il n’y a pas de réponse possible à faire à cette demande de l’opposition, de laisser le peuple du pays juger de l’opportunité des changements constitutionnels, que M. McGee et ses collègues veulent lui imposer.

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