« RETRAITE DE M. GALT – LE BILL D’EDUCATION RETIRE », Le Pays (9 août, 1866)


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Date: 1866-08-09
Par: Le Pays
Citation: « RETRAITE DE M. GALT » Le Pays (9 août, 1866)
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VICTOIRE DE L’OPPOSITION !

RETRAITE DE M. GALT !

LE BILL D’EDUCATION RETIRE

Les nouvelles qui nous sont arrivées mardi soir de la capitale sont très-importantes.

Le gouvernement, cerné de trop près par l’opposition, voyant que le bill de l’éducation en Bas-Canada ne serait pas adopté par la Chambre grâce à M. Dorion, a fait une heureuse volte-face. Ce qui lui enlève le mérite de son action, c’est qu’il ne l’a accomplie que parce qu’il ne pouvait faire autrement. S’il eût pu conserver le pouvoir et faire adopter le bill de M. Langevin, il n’y eût pas manqué. Tout de même tenons lui compte de ce qu’il a cédé.

M. Galt depuis un an était engagé au nom du gouvernement à donner aux députés protestants du Bas-Canada les priviléges stipulés par le bill de M. Langevin. Le gouvernement retirant ce bill, il se trouvait compromis vis-à-vis la représentation protestante ; en honneur, il lui fallait résigner : il l’a fait.

Quand il a fallu annoncer à la Chambre ces deux grandes nouvelles M. John A. McDonald a versé des larmes de crocodile. Il lui fallait se séparer d’un ancien collègue, brisé aux affaires, d’une capacité sans égale, qu’il serait difficile de remplacer convenablement ; mais il avait une consolation, M. Galt consentait à donner au ministère ses services pour mener à bonne fin les mesures qu’il avait introduites. Voulez-vous savoir ce qui va arriver ? Le gouvernement n’est pas en état de se [passer?] d’un homme comme M. Galt. La résignation de celui-ci n’est pas sérieuse, c’est un [yankee?] trick. M. Galt va faire adopter ses mesures ; la session va finir samedi, comme l’a annoncé M. McDonald ; pendant la vacance, l’on trouvera moyen de donner à la conduite du gouvernement une couleur telle que les députés protestants lui pardonneront d’avoir retiré le bill Langevin ; et vous verrez M. Galt remonter au pouvoir. La Minerve le laisse parfaitement entendre d’ailleurs : « M. Howland va prendre, dit-elle, le portefeuille des finances temporairement…. On s’attend à une réaction cette semaine, et les choses reprendront leur cours. »

Ainsi l’on aura pendant plus d’un an obtenu le concours des députés protestants du Bas-Canada, on les aura leurrés par l’introduction d’une mesure et la [résignation?] de M. Galt, celui-ci reprendra son portefeuille, et le tour sera joué : la confédération sera accomplie.

La Minerve annonce que M. McGee aurait résigné si le gouvernement eût maintenu le bill Langevin. S’il eût eu sincèrement cette intention, M. McGee aurait réellement résigné dès l’introduction de la mesure, hormis qu’il fût convaincu que le gouvernement ne la présentait que pour la frime. Ainsi, ou la Minerve dit faux, et M. McGee était prêt à avaler comme ses collègues catholiques l’injure que M. Galt leur imposait ; ou elle dit vrai, et alors il faut que le gouvernement ait entendu, lorsqu’il présentait le bill d’éducation, ne jouer qu’une farce pour leurrer les députés protestants. C’est à prendre ou à laisser. Pour nous, nous [inclinons?] pour la première supposition.

Si M. Howland remplace M. Galt, temporairement, M. [Dunkin?] deviendra maître-général des postes.

La Minerve envisage toute la conduite du gouvernement d’une manière si fausse que nous devons l’exposer sous son vrai jour. Mais le temps et l’espace nous en empêchent aujourd’hui. Ce sera pour samedi.

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