« Suite et fin des discours prononcés au banquet de samedi dernier, » La Minerve (5 novembre 1864)
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Date: 1864-11-05
Par: La Minerve
Citation: « Suite et fin des discours prononcés au banquet de samedi dernier, » La Minerve (5 novembre 1864).
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Suite et fin des discours prononcés au banquet de samedi dernier :
L’Hon. M. SHEA—C’est avec le plus grand plaisir que je me lève en cette occasion pour offrir mes plus sincères remercîments pour l’honneur que vous nous faites de boire cette sante avec tant de cordialité. Depuis l’arrive des délégués en cette Province, ils ont été l’objet d’une hospitalité qui n’a pas de prix et ce soir encore cette hospitalité conserve le même caractère. Quoique le souvenir de scènes semblables a celle-ci ne s’effacera pas de sitôt de leur mémoire, je dots dire que ces démonstrations ont une signification bien plus élevée que celle d’une simple bonne société. Elles démontrent que l’on prend un intérêt général a la question de la confédération. Lorsque je considère l’habileté avec laquelle la question générale de la confédération des Provinces a été exposée aux canadiens par leurs propres hommes publics, je comprends que si je traitais la même question en présence de l’élite de cette grande communauté commerciale j’usurperais votre temps et je laserais votre patience Le Canada sans doute, possède de grands avantages, mais je dirai avec mon ami de la Nouvelle-Ecosse, l’Hon. M. Archibald, que son avenir matériel serait beaucoup augmenté par une union avec les Provinces d’en bas, provinces qu’habite une population amie et parente. Le Canada, je le répète, possède beaucoup de grands avantages; je le reconnais volontiers; mais je dois aussi mentionner quelques fait qui montreront qu’il serait de son profit de s’unir a Terre-Neuve. En examinant cette question des Provinces, il devient nécessaire de prendre en considération la position de cette confédération proposée en égard à la sécurité et a la défense. A ce point de vue, l’Ile de Terre-Neuve devient d’une importance marquée. Regardez la, Messieurs, s’étendant la travers le golfe St. Laurent, et commandant les deux passages par lesquels le vaste commerce de cette région du golfe et du fleuve St, Laurent arrive a l’Océan. Si cette colonie était entre les mains d’un pouvoir ennemi, alors en temps de guerre le Canada serait aussi hermétiquement ferme, que s’il régnait ici un hiver perpétuel, En examinant ceci, les hommes d’état déterrement réunis à Québec ont vu que la position de la confédération ne serait pas assurée, a moins que Terre-Neuve en fit partie. Et cette colonie n’a pas moins de droits à la considération, par sa position commerciale et financière, et les bénéfices qui en résulteraient, méferont peut-être pardonner de prendre quelques minutes pour entrer dans les détails, plus peut-être que ne le désireraient quelques une des auditeurs (Cris de Non! Non!)
Terre-Neuve a une côte de 1200 milles, avec quelques-uns des plus beaux ports du monde, dans les quels les vaisseaux du plus fort tonnage peuvent se mettre à l’abri. Les propriétés agricoles de Terre-Neuve ne sont pas, je l’admettrai, de premier ordre. Son sol et son climat ne sont pas propres à la culture, mais elle en retire encore cependant des avantages considérables, et quelques opérations agricoles ont en un plein succès. Il se trouve sur l’Ile de larges étendues de terrain d’une grande valeur pour les pâturages, et si es n’était la présence des chiens, pour lesquels les fermiers montrent une grande partialité, il serait possible d’eu retirer de grands avantages. (Rires)
Le principal élément de la richesse de Terre-Neuve consiste dans ses pêcheries qui emploient 30,000 hommes, tous habiles, braves, industrieux, propres à toutes les entreprises qui nécessitent de l’audace et de l’énergie. Par ce commerce de poisson, elle a des relations avec presque toutes les Provinces maritimes de l’Europe, avec le Brésil et avec les États-Unis. Ses relations sont cependant très limitées avec les Provinces de l’Amérique du Nord. Les importations de Terre-Neuve sont de cinq à six millions de piastres par année, avec des exportations toujours plus considérables Il y a employés a la pèche du loup marin 350 navires a voiles montes par 140000 hommes qui forment la partie la meilleure et la plus active de la population. Les revenus de Terre-Neuve sont plus élevés que ceux d’acuité Province de l’Amérique Britannique du Nord, proportionnellement a sa population, parce qu’elle importe presque tout ce doute elle a besoin.
Avec une population de 130,000 âmes, elle a un revenu de $500,000 à $550,000. Se dette, je suis heureux de le constater, n’est pas forte, comparée a celle des autres colonies; elle est d’environ $900,000 sous forme d’édifices publics de différentes descriptions, et la province a des valeurs tangibles et assez grandes pour tous les argents qu’elle a dépenses, et toi est le crédit dont jouissent des sécurités qu’offre le gouvernement que celui-ci peut aujourd’hui même emprunter à 4 1/2 par cent alors que le taux de l’intérêt est si élevé en Angleterre. Terre-Neuve possède à St. Jean une banque d’épargnes garantie par le gouvernement et dans laquelle sont déposes les économies de la population industrielle, jusqu’au montant de près de $500,000. Le pays n’a pas été assez explore pour me permettre de parler beaucoup des dépôts de minerai qui gisent dans son sein, mais il est constaté qu’il y a plusieurs mines de plomb très-importantes; [illegible] aussi découvert des mines de cuivre en plusieurs endroits, et l’on pense que l’on trouvera riche mine d’or près du golfe St. Laurent ou des recherches sont maintenant faites sous la direction de sir William Logan, a qui, puisque l’occasion s’en présente, je dois offrir les remerciments des habitants de cette ile pour les grands secours qu’il leur a rendus. Douze cents bâtiments de tous les pays entrent et sortent des ports de l’ile. Si j’en viens à la position financière du pays, je dois dire qu’elle est peut-être meilleure que celle de n’importe quelle autre colonie en Étant de l’Amérique, malgré les variations incessantes du commerce. Comme preuve, je dirai qu’il y a quelques années, en 1846, un malheur sérieux frappe la ville de St. Jean. Un grand incendie en dévora toute la partie commerciale et ne laissa pas un magasin, pas même un quai, si bien que quelques-uns croyaient que la ville ne se relèverais jamais. Le bilan des pertes se montait de $5,000,000 a $6,000,000 et le quart n’était pas couvert par les assurances. La ville se releva cependant, et pas un seul homme manqua à ses engagements à cause de cette calamite. La banque de l’Amérique Britannique du Nord faisait alors seule des affaires dans ce pays, et lors de l’incendie elle était porteur d’une quantité de papier plus considérable qu’elle n’en avait en depuis plusieurs années. Cependant je puis dire ici que pas un seul homme fut incapable de remplir ses obligations envers la banque. Bien plus, la même banque qui avait fait des affaires durant vingt ans, les arrêta et la banque qui lui succéda prit au pair tout le papier qu’elle avait. Ceci peut paraitre exagère, mais je le dis en présence de messieurs qui connaissent les faits, et ma position doit faire disparaitre tout soupçon de tromperie dans mes paroles. Sous ces circonstances, Terre-Neuve peut demander à entrer dans la confédération, a des conditions honorables et indépendantes. Elle contribuera pour sa part d’avantagés. J’ai dit que les importations se montaient de $5,000,000 a $6,000,000. Sur ce nombre, $1,500,000 à 1,750,000 viennent des États-Unis, principalement en farine, beurre et autres articles de ce genre. Une très-faible portion vient du Canada. Pourquoi cela? Est-ce parce que les États-Unis offrent plus d’avantages commerciaux? Tel n’est pas le cas, nous achetons généralement à meilleures conditions au Canada qu’aux États-Unis. On dira peut-être que les conventions politique n’auront aucun contrôle sur des questions de ce genre. Ce principe, cependant, n’est pas illimité dans son application. Qu’on prenne pout exemple le chemin intercolonial. Ce chemin fournira les plus grands avantages au people de ces provinces, et dépendant chacun sait que sa construction aurait été retardée durant des années [illegible] n’était devenu une nécessité politique. [Illegible] occupe [illegible] tellement Terre-Neuve a [illegible] du Canada. Son peuple va aux États-Unis pour ses affaires, parce qu’ils est oblige de passer par Halifax et Boston pour arriver a Montréal. Il fait pris d’au mois pour envoyer une lettre de Terre-Neuve au Canada et recevoir la réponse, et les frais de port sont doubles de ceux qu’on paie entre les colonies et l’Angleterre. Si on avait voulu prévenir tout rapport commercial, on n’aurait pu mieux s’y prendre. Une union, commerciale ferait disparaitre ces anomalies ces pratiques presque barbares que les colonies sentent la nécessité de rejeter, dans l’état actuel des affaires, malgré qu’elles soient répudiées en Angleterre comme des hérésies politiques. Il faut établir une communication a la vapeur entre Terre-Neuve et le Canada. Cette ile possède ce dont le Canada a besoin, et a besoin de ce que le Canada peut lui fournir. Terre-Neuve a du payer un million en argent pour ses importations des États-Unis, sans en avoir retiré aucun avantage. C’est grâce aux tarifs entre les colonies que le commerce prend cette direction. Avec le libre-échange, Terre-Neuve achèterait au Canada ses daines, ses cuirs, sa coutellerie et les produits de ses fabriques dont le nombre augmente chaque jour.
Dans la confédération projetée, St. Jean deviendra le port de l’extrémité est de la grande union, et en y faisant toucher les steamers dont le Canada est si fier, cette ville sera à six jours de l’Angleterre. Des rapports plus intimes avec ce pays sont désirés, je crois par toutes les colonies, et en parlant au nom de Terre-Neuve, je puis dire que j’espère que quel qu’éloigne que puisse être un changement sous ce rapport, lorsque de semblables questions se discutent, il serait peu sage et peu prudent pour les hommes charges de la tache importante de jeter les bases d’un nouvel empire, de ne pas leur donner toute l’importance qu’elles méritent. Cette question de la confédération n’a jamais été mise devant le public que je représenté, et a été peu discutée dans la presse; mais je n’hésite pas a dire que le peuple serait dans une grave erreur s’il n’entrait dans le sentiment unanime de la conférence, et s’il hésitait a entrer dans une confédération destinée a une aussi haute mission, et dont la grandeur de l’avenir surpasse les conceptions de l’imagination la plus large. (Applaudissements prolonges.)
Le Col. GRAY, de l’Ile du Prince-Edouard, répondit aussi. Nos amis des trois autres provinces, dit-il, vous ont beaucoup parlé des éléments commercial, politique et militaire. Maintenant, il est bien temps qu’on s’occupe un peu de l’élément social. Je demande donc pour mon ami et co-délégué, l’Hon. M. Whelan, la permission de traiter ce sujet, persuade que personne mieux que lui n’est en état de le faire. C’est un enfant de la Verte Erin, bien capable d’exprimer des sentiments en harmonie avec la divise « cead mille faithe. »
L’Hon. M. WHELAN dit qu’il était honoré d’être appelé a répondre, par le chef du gouvernement de l’Ile du Prince-Edouard, et qu’il était reconnaissant des paroles élogieuses tombées de sa bouche. Je sens, dit-il, que je suis entoure ce soir des hommes les plus capables de l’Amérique Britannique, et d’hommes qui se sont distingues nu service de l’Angleterre, dans toutes les parties du globe. J’ai l’honneur de vous parler ce soir en qualité de membre de l’opposition de l’Ile de Prince-Edouard. Je puis dire que maigre les profondes divergences qui peuvent me séparer de mes collègues, sur certaines questions, sur celle de l’union des provinces nous avons tous été unanimes à la conférence de Québec. Quelle que soit l’opinion publique dans l’Ile du Prince-Edouard, je m’en retournerai satisfait et certain d’avoir bien servi l’intérêt de mon pays. Je travaillerai énergiquement de concert avec le gouvernement actuel on tout autre gouvernement qui pourrait se former, pour effectuer cette union, persuade que mon petit pays, restant isolé, n’atteindra jamais la position a laquelle ses ressources naturelles lui donnant te droit de prétendre. Je dois vous remercier pour l’honneur que vous faites aux délégués en buvant à leur sante. Je sais bien que cet honneur n’est point pour nous spécialement, et pour ma part, je le reporte au pays que je représenté. Cette première visite au Canada ne sera pas la dernière. Je vais retourner chez moi avec un esprit plus large et avec la connaissance de la grandeur du Canada. Car en vérité le Canada est grand, et c’est bien l’opinion de tous les délégués quelque soient d’ailleurs leurs opinions ou leurs partis politiques. Ce que j’ai vu lei a dépassé toute mon attente. Ce pays est grand par son territoire, par ses travaux publics étonnants, son pont Victoria qu’on appelle avec raison l’une des merveilles du monde, ses forêts sans bornes, ses mines inépuisables, etc. Il est grand aussi par son histoire, comme l’a dit l’un des délégués du Nouveau-Brunswick.
L’une des grandes figures de cette histoire est bien sans contredit Jacques-Cartier, dont nous voyons ici ce soir un des descendants. (Bruyants applaudissements.)
Jacques-Cartier qui découvrit ce fleuve majestueux, qui unit le Canada aux Provinces Maritimes, et qui sera, j’espère, comme le trait-d’union qui resserrera les liens politiques des colonies entre elles. Je puis dire que la conférence de Québec a en des résultats satisfaisants. Je suis bien convaincu qu’un jour viendra ou ces colonies cesseront de vivre isolées. Je ne veux pas abuser de votre patience, à cette heure avancée, et surtout après les éloquents discours que vous avez déjà entendus. Qu’on me permette de dire, avant de terminer, que les hommes d’État Canadiens ont fait un pas dans la bonne direction, à la conférence de Québec. Ce n’est qu’un pas préliminaire, a vrai dire; et il reste encore beaucoup à faire pour dissiper les préjuges et les jalousies locales qui peuvent régner encore au sein des populations des différentes provinces. Oui, il reste beaucoup à faire, dans les législatures, les assemblées publiques, et sur les hustings, car si l’esprit public n’est point préparé à ce grand œuvre, il est impossible de l’effectuer. Au sujet de Québec, je dois vous rappeler que l’armée de Montcalm s’est nourrie du poisson de l’Ile du Prince-Edouard, et qu’elle n’aurait pas tenu si longtemps, si ce poisson lui avait fait défaut.
Le PRESIDENT dit qu’il leur arrivait souvent de boire à la santé des Sœurs-Colonies, mais que souvent aussi personne n’était là pour y reperdre. Ce soir, dit-il, nous avons le plaisir de posséder au milieu de nous les représentants distingués de ces colonies. Je suis donc sûr que l’on boira avec empressement à la prospérité des « Sœurs-Colonies. »
Le Col. HAVLAND, appelé à répondre, promit de ne pas retenir l’auditoire longtemps, vo qu’il représentait la plus petite des colonies. Mais cependant, dit-il, je dois attirer votre attention sur quelques faits particuliers. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a déjà eu avant cette conférence, des assemblées d’États, ayant pour objet d’élaborer des constitutions. Il y a eu l’assemblée des États de Hollande et celle des États américains. Mais ces assemblées avaient lieu en quelque sorte au bruit du canon, tandis que là notre s’est faite en temps de paix, avec l’approbation et aussi la sanction, je l’espère, de Sa Majesté. Bien que l’Ile de Prince-Edouard ne possède qu’une population de 80,000 amés principalement engagée dans l’agriculture, elle n’est pas venue comme mendiante a la conférence. Son revenu n’est certainement pas considérable, mais cependant elle a un excédant de recettes d’environ £4,000 sur les dépenses du gouvernement qui se sont montées l’an dernier [?de £30,000?]. Elle n’est donc pas venue sous les [?livrés?] de la pauvreté; non, elle s’est présentée [illegible] prête à faire quelque chose—suivant ses ressources pour et ses moyens—pour organiser en Amérique une monarchie bâsée sur des institutions libres. Les difficultés qui troublent les États voisins sont considérables, plus considérables que celles qui ont jamais bouleverse la Russie—la liberté de la presse est disparue—la liberté des États n’est plus qu’une dérision et une moquerie. Personne ne peut exprimer son opinion librement, a moins que cette opinion ne soit celle de la majorité. Les droits de la minorité sont méconnus.
L’Ile du Prince-Edouard, toute petite qu’elle soit, est prête à se joindre à ses sœurs du Golfe et à supporter sa part des charges et des sacrifices nécessaires à la défense commune. Je pense qu’un jour viendra ou l’on combattra en Amérique pour la liberté civile et religieuse, et je pense que ce combat sera livre entre le Canada et les Etats-Unis. Lorsque ce jour viendra l’Ile du Prince-Edouard fournira sa part d’hommes et d’argent—Pour unir les colonies, il faut le [illegible] de fer intercolonial. Ce chemin complété les provinces pourront se donner la main et marcher ensemble dans les entreprises commerciales et militaires. J’ai en l’honneur de visiter Montréal, lors de la visite du Prince de Galles. J’étais alors comme un parfait étranger ici. Je voyais que les colonies du Golfe étaient à peine connues. Il étaient presqu’impossible de rencontrer un de leurs journaux dans les salles de lecture. Mais aujourd’hui, je me sons presque chez moi, car quelque chose me dit que bientôt nous ne formerons qu’une même nation, vivant sous le même drapeau.
Le Maire, après quelques remarques, propose la santé des « Ministres Canadiens de Sa Majesté. »
L’Hon. M. CARTIER commence par remercier Son Honneur, mais on l’interrompit par des cris « en Français, en Français. » Il supplia alors ses compatriotes de ne pas insister vu qu’il était convenable de parler la langue des hôtes de la ville, boulant être compris d’eux. Il recommença alors en langue anglaise et fit observer que ce n’était pas la première fois que les citoyens de Montréal avaient le malheur de l’écouter. Cependant, dit-il, il est de mon devoir, en l’absence de mon digne chef, Sir Etienne Paschal Tache et de mon collègue dans le gouvernement l’Hon. John A. McDonald de répondre a la santé que vient de proposer M. le Maire. Il est vraiment regrettable que ces MM. Soient absente. Nous avons été si longtemps ensemble durant notre carrière publique, l’Hon. John A. McDonald et moi, que nous nous considérons presque comme des frères. Ce n’est pas à dire toutefois que je sois un frère orangiste de M. McDonald, mais ce monsieur peut être orangiste, sans que cela m’empêché d’être sou frère. Je vous prie donc d’accepter leurs excuses, pour cette absence qui était inévitable. Comme chacun sait, la question qui nous réunit ce soir est celle de l’union des Provinces de l’Amérique Britannique sous un système de gouvernement qui abandonnée à l’autorité centrale la juridiction des affaires d’un intérêt général, et qui laisse à des autorités locales la juridiction des affaires locales. En tournant nos regards vers cette question qui agite aujourd’hui tous es hommes publics, on se rappelle de suite qu’il n’y a pas encore un siècle, in confédération qui nous avoisine s’efforça de créer une forte union basée sur les institutions démocratiques. A cette époque, le Bas-Canada qui était la colonie la plus peuplée de l’Amérique Britannique du Nord, fut sollicitée par le Gén. George Washington et par un général Français, de participer au mouvement américain. Quelle tut la réponse des Canadiens, alors qu’ils n’avaient pas l’avantage de posséder au milieu d’eux un nombre considérable de rejetons des iles Britanniques? Je dix avantages, car je parle comme bas-canadien. De plus, a cette époque, il n’y avait pas longtemps qu’on les avait séparés de la nation Française pour les attacher à la nation Anglaise. Eh! bien, malgré cela, notre clergé, nos prêtres comprirent la faiblesse des institutions démocratiques et ne répondirent pas à la demande du Gén Washington et du général Rochambeau. Malgré que les droits qu’ils demandaient, ne leur [illegible] pas encore été reconnus, ils préférèrent appuyer leurs destinées sur les institutions monarchiques. En ce moment nous travaillons à notre tour à fonder ici une grande confédération, mais notre objet n’est point de la faire par la création d’institutions démocratiques; non, c’est plutôt d’aider l’élément monarchique à prendre parmi nous de plus profondes racines. Je n’ignore pas qu’on attendait, et avec raison, que les procédés de la conférence seraient divulgués dans cette occasion. Mais il se trouve que la [illegible] impossible, [illegible] ici [illegible] ailleurs le peuple comprendra qu’avant de faire part au public du plan agrée par la conférence, il convient de le communiquer aux gouverneurs des Provinces, puis d’en instruire le gouvernement Imperial. Ce n’est pas seulement une affaire de délicatesse, c’est encore une coutume britannique dont il ne siérait pas de nous départir. Chaque fois que des intérêts politiques d’une nature grave se sont présentés, ils ont été pris devant le gouvernement, avant de l’été devant le public. Mais sans commettre d’indiscrétions, je pais bien faire avec vous une série de suppositions. Ceux qui me connaissent savent bien que je n’ai pas la prétention d’être orateur. Mais je suis sincère, et si j’ai un défaut, ce ne peut être que celui de parler toujours avec trop de franchise.
Maintenant, sans être indiscret, je puis bien dire ce que tout le monde sait que je suis allie a l’Hon. George Brown, avec lequel j’ai été presqu’en antagonisme continuel durant près de quinze ans. Jusqu’à présent, dans les grandes questions d’intérêt public, nous avons toujours été sur le pied de guerre, lui au nom du Haut-Canada, et moi au nom du Bas. Cette guerre durait depuis longtemps, sans profits pour personne, lorsque finalement nous tachâmes de nous entendre sur ce grand projet de confédération qui doit unir sous un seul gouvernement les Provinces de l’Amérique Britannique. En faisant alliance avec ce monsieur, je n’ai pris [illegible] compatriotes, ni de mes amis politiques. Je dois dire ici que dans tous les actes importants de ma vie politique, je n’ai jamais consulte personne. (Cette remarque avant naturellement excite les rirez, M. Cartier l’expliqua comme suit.)
Sous l’empire du système britannique, je sais bien qu’un homme politique doit se laisser guider par l’opinion publique, pour donner avis a Son Excellence le Gouverneur-Général; mais je pense en même temps qu’un homme dans cette position ne doit pas avoir uniquement à cœur de refléter les préjuges vulgaires; il doit tâcher de diriger lai même l’opinion publique. C’est ainsi que je comprendre le système constitutionnel anglais—le ministère se tient entre la couronne et le peuple, et si quelque chose venais trembler l’équilibre du gouvernement monarchique, ce serait à lui de rétablir l’ordre. Je n’entends pas dire que l’homme public ne doit pas écouter l’opinion publique, mais je distingue entre l’opinion publique et les préjuges publics.
Lorsqu’il y a tempête sur l’Océan, le vaisseau serait ballotte dans toutes les directions, s’il n’était pas habilement gouverne; c’est alors au pilote à diriger, et si le pilote fait son devoir il pourra vaincre la tempête, et sauver l’équipage et les passagers. Je dois dire, après avoir ainsi parle de mon alliance avec M. Brown, que ce dernier a gardé fidèlement sa parole, dans toutes les transactions qui se sont offertes depuis la formation de la coalition. J’ignore ce que M. Brown pense de moi, et d’ailleurs il m’importe peu qu’il en dise du bien on du mal, car j’ai une assez bonne opinion de moi-même pour ne m’occuper que très-peu de ce que les autres pensent ou disent de moi.
(Après les rires provoques par cette saillie, M. Cartier reprit) : Quant a la question politique, il est manifeste que nous avons des intérêts généraux qui peuvent être soumis à la juridiction d’un gouvernement général de toute l’Amérique Britannique du Nord. Comme Bas-Canadien, je reconnais que l’union du Faut et du Bas Canada a fait beaucoup de bien. J’avoue, et j’ai déjà dit plusieurs fois, que cette union a accompli des merveilles pour la prospérité des deux provinces, et que cette prospérité se recommande d’elle-même a Parlement au respect de l’Angleterre et du monde entier. Je ne suis pas de ceux qui voudraient voir le Hamlet le Bas-Canada sépares en Provinces distinctes—tous deux ayant droit de faire leurs tarifs. Si un tel état de choses venait à exister, quelle en serait la conséquence? La ville de Montréal se trouverait isolée de n’hésite pas à reconnaitre pour ma part que la prospérité de Montréal est due en plus grande partie au Haut-Canada qu’au Bas. Il faut que les choses soient appréciées sous leur vrai jour. Je vous déclare donc comme l’an de vos représentants, que je n’acquiescerai jamais à aucun projet qui aurait pour effet de donner au Haut et au Bas-Canada le pouvoir d’adopter différentes politiques relativement au tarif et au commerce du pays. De fait, ne voyons-nous pas aujourd’hui un grand parti autrefois oppose à l’union, la défendre maintenant de toutes ses forces? Pourquoi cela? Parce que, je le répète, l’union a fait beaucoup pour la prospérité des deux Provinces. En présence de ce résultat, l’homme d’État Canadien doit-il s’abstenir, ou employer ses talents et son énergie a réglé cette question de représentation qui menace d’amener une rupture entre le Haut et la Bas-Canada? Maintenant, suffit-il d’apaiser cette difficulté sectionnaire? Je suppose qu’elle soit réglée demain, par la fédération des deux Canadas, ne resterions-nous pas comme par le passe bloques par la glace pendant six mois de l’année, comme le faisait remarquer tout a l’heure un des délègues du Nouveau-Brunswick? Cet ajustement n’aurait pour effet que de donner une nouvelle base aux opérations politiques dans la Chambre-Basse de la législature, mais nous laisserais dans la même position vis-à-vis des Provinces du Golfe. Il resterait encore entre nous les bureaux de donnes, qu’il faut démolir. Les délégués qui ont parle ce soir ont fait une position trop modeste a leurs provinces. Je dois leur réputer ce que je leur se dit dans quelques occasions d’antérieures. Je leur ai déjà dit que trois éléments constituaient le pouvoir d’un peuple, la grandeur nationale, le territoire, la marine et la population. Je leur ai dit aussi que le Canada possédait le premier et le dernier, mais qu’il avait benoît du second. C’est un fait que pendant six mois de l’année, nous sommes forces de frapper à la porte de nos voisins, et de transporter nos marchandises sur leur territoire. Ce qui convenait il y a vingt ans pour notre commerce, ne convient plus maintenant que notre population et que notre territoire défriche se sont accrus dans des proportions étonnantes. Il faut donc que la confédération s’effectue, sans quoi nous tombons dans la confédération américaine.
(Des cris de « jamais, jamais, » interrompirent l’orateur; M. Cartier reprit:) Je savais que vous repondriez ainsi, et je suis content de vous avoir entendus. Je sais que le désir de toutes les personnes présentes est d’achever cette grande œuvre nationale, qui liera dans un même faisceau tous les grands intérêts de nos colonies, et qui fera de nous tous une grande nation. Je ne veux pas dire que cette nation sera distincte de la mère-patrie. Mais lorsque je parle de former une confédération, je veux dire que les pouvoirs accordés aux différentes provinces par le gouvernement impérial seraient combines ensemble pour former un seul gouvernement général. Et si cette œuvre est accomplie, je pense que j’aurai mis la main à une excellente entreprise,—Je suppose que quelques-uns sèmeraient peut-être a savoir quelles sont mes suppositions au sujet du gouvernement général. (Grands cris de « oui, oui. ») Eh! bien ne sera-ce pas lui qui régies les questions de tarif?
Était-il convenable que les Douanes d’une Provinces fussent toujours en opposition avec le commerce des autres (cris de Non! Non!) Doit-il y avoir des différences dans l’argent de chaque Province? (Non! Non) Les poids et mesures ne doivent-il pas être les mêmes? (Oui! Oui) Les lois de naturalisation ne doivent-elles pas être les mêmes (Oui! Oui) Le service postal ne doit-il pas être le même? (Oui! Oui!)
Est-il avantageux qu’il y ait une grande différence sur plusieurs autres points trop longs à emmener? Mais il y a encore au-dessus de toutes ces question, celle bien plus importante de la défense du pays. Les Iles de Terre-Neuve et du Prince-Edouard et les Provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse peuvent-elles séparément préparer un plan de milice qui pourrait empêcher une invasion américaine? Non, certainement. Alors, dans le cas d’une invasion de ces Provinces par une armée ou une flotte américaine, la question se présenterait pour l’Angleterre si elle devrait envoyer des forces pour défendre ces lies et ces Provinces nécessaires a la Couronne anglais. Je sais qu’il y a en Angleterre une école de politiques qui méprisent les colonies et nient leur valeur pour la mêtropole—MM. Cobden et Bright en sont les maitres; malgré eux, le peuple est généralement d’opinion que ces colonies ne doivent être abandonnées. Alors eu supposant donc que le Canada serait envahi par une armée américaine, quoiqu’il possède une population plus considérable que celle des autres Provinces, il ne pourrait pas seul défendre le pays. Mais il demanderait le secours des autres Provinces qui seraient appelées par le gouvernement général à repousser l’ennemi. Bien plus, si l’Angleterre voyait que nous nous occupons sérieusement de la défense du pays, il n’y a pas le moindre doute qu’elle viendrait à notre secours avec et marine et son armée.
Je sais qu’il y a beaucoup d’objections contre ce système de gouvernement, surtout parce que nous n’avons pas de suite une union législative. Mais à cette époque critique, nous n’avons pas à prendre en considération les opinions et les intérêts différents et peut-être même opposes, qu’on peut offrir contre cette union; et si nous présentons aux législatures de ces provinces et au gouvernement impérial un projet qui aurait pour principe la formation d’un gouvernement général, nous devons avoir bien soin de protéger également toutes les races et de travailler au profit de chacune. Et si nous réussissons en cela, nous aurons fait beaucoup. On m’a dit que dans le Bas-Canada, il y avait une forte opposition a ce projet, parce que dans cette province la population anglaise serait à la merci de la population française. Que doit-on répondre a cela? Je pense que les Anglais nés dans le Bas-Canada ne doivent pas se laisser guider par de semblables arguments et qu’ils doivent se rappeler que si les français ont la majorité dans le gouvernement local, ils seront a leur tour en grande minorité dans le gouvernement fédéral. La population française, en confiant ses intérêts à ce gouvernement, fait preuve de confiance dans nos compatriotes anglais. Est-ce trop demander à la race anglaise qu’elle ait confiance dans la libéralité et l’esprit de justice de la race française dans les gouvernements locaux? (acclamations enthousiastes)
A qui seront confiés les intérêts les plus importants pour les deux populations du Bas-Canada—au gouvernement fédéral ou local? Pour ma part je suis fier d’avouer aujourd’hui que la prospérité des deux Canadas est due à l’esprit commercial et aux entreprises de l’élément anglais dans le pays. Je n’ai aucune objection a ce qu’il continue a former l’élément prédominant; mais en même temps, pourquoi s’opposeraient-ils a la formation d’un gouvernement local,—dans lequel les Canadiens-Français serinent représentes en raison de leur nombre? Et je dirai ceci a mes compatriotes Anglais et Français. Comme Canadiens-Français et comme catholique, je ne souffrirai jamais, tant que je serai ministre de la Couronne, qu’une injustice soit faite, d’après la constitution on autrement, a mes compatriotes soit anglais, soit catholiques, je ne souffrirai jamais que mes compatriotes Canadiens-Français soient injustement traités parce qu’ils sont une race et qu’ils professent que religion différentes de celles du Haut-Canada. (Applaudissements prolongés).
On a longuement parlé des races, an sujet de la formation de cette grande confédération. Qu’on regarde aujourd’hui l’Angleterre, ci ou verra que malgré l’union des trois royaumes par le lien législatif il existe des religions et des nationalités différentes. Tous ceux qui sont familière avec l’histoire des [illegible] de l’Angleterre sur terre et sur mer n’en séparent pas les trophées conquis pat la bravoure, le courage et la constance des alignes enfants de l’Ecosse. Y a-t-il un homme qui voudrait enlever à l’Angleterre les triomphes d’éloquence remportes par les enfants de l’Erin? Je crois sincèrement que l’Angleterre n’aurait jamais acquis la richesse et la réputation dont elle joint, si elle n’avait en des nationalités différentes sur ces trois iles. Chacun travaillant pour la gloire de l’Angleterre savait bien qu’il n’était aucunement question de nationalité. Beaucoup ont voulu rechercher leur origine jusqu’à Guillaume le Conquérant, l’envahisseur Normand. Pourquoi alors essaieraient-ils de créer des difficultés dans la formation d’une nation parce qu’elle refermerai des races et des religions différentes?
Chacun sait que l’Angleterre est une grande nation, qui a fait beaucoup pius peut être qu’aucune autre nation. Il est hors de doute que son armée et sa marine ont fait beaucoup pour sa grandeur, en conquérant des colonies, et que les chambres des lords et des communes ont fait beaucoup de lois remarquables par leur sagesse, pour leur bon gouvernement. En comparant la grande Bretagne avec Rome, en a trouvé que la première avait beaucoup des qualités qui ont désigné la accorde, par exemple son amour des conquêtes, mais la première possède de plus son élément commercial. Sans rabaisser aucun des [illegible] de l’armée et de la marine anglaises, ou les résultats de la sagesse de leur législature, on doit admettre que, le pouvoir de l’Angleterre ne peut-être [illegible] à sa valeur ai on ne prend au considération son élément commercial. Immédiatement après la conquête d’une colonie, par la bravoure de son armée et de sa marine arrivant les marchants Anglais qui consolident l’ouvrage. Ils [illegible] établissent, y travaillent, et généralement [illegible] si prospères après quelques années que l’Angleterre se trouve intéressée à les proteger de son armée et de sa marine. Quant a la confédération, je, Canada a grandi par l’union des deux Provinces, et aujourd’hui par son commerce, il enrichit les États du Nord tandis qu’il devrait enrichir les colonies sœurs du Golfe, y compris les ports de St. Jean, N.-B. et Halifax—quant a l’Ile de Terre Neuve, M. Shea en a parle avec éloquence; elle est située a l’embouchure du St. Laurent, est en relations commerciales avec éloquence; elle est située a l’embouchure du St. Laurent, est en relations commerciales avec toutes la nations, et en s’unissant au Canada, lui donnera de très grands avantages commerciaux. On a dit que les colonies pouvaient obtenir les mêmes résultats par un Zollverein que par une union politique. Ceci ne serait pas suffisant, et il serait impossible d’arriver à la prospérité au moyen d’un Zollverein semblable a celui de l’Allemagne. Le grand courant commercial gouverne partout. La grand courant commercial gouverne partout. La Capitale de l’Angleterre a tout l’univers pour débitent, et tout l’univers se rattache à elle et ressent sont influence.
La confédération produirait un accroissement de commerce cotre les provinces respectivement, pois entre les provinces et l’Angleterre. Pour répondre aux objections que font et le parti Canadien-Français extrême et le parti annexionniste ou Américain, je dirai que si le mouvement actuel réussit il y aura a gouvernement général dont la juridiction embrassera tous les intérêts généraux des provinces, et des gouvernements locaux pour gérer les affaires locales des États, telles que l’administration de la justice, les terres de la Couronnes, les pénitenciers, les hôpitaux et les maisons de charité questions plus importantes que celles qui étaient soumises à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, sous l’ancien système. A cette époque, cette Chambre n’avait pas le pouvoir de s’occuper du commerce, du service des postes et du revenu des terres de la Couronne. Sous l’empire du système qui pourrait régir les colonies de cette partie du continent Américain dans l’avenir, le Bas-Canada aura, dans sou gouvernement local, presqu’autant de pouvoir législatif qu’auparavant. A Montréal et ailleurs, on s’er efforce de préjuger l’opinion publique, en disant qu’il faudrait augmenter les taxes pour le soutien d’un gouvernement local, dans le Bas-Canada. Ce ne sera point le cas. Dans la confédération le gouvernement local sera supporté par le gouvernement général.
Il aurait de plus un revenu d’au moins $1,500,000 produit par ses ressources territoriales et il n’y aura aucun danger d’être obliges de revenir à la taxe directe, si ses hommes sont sages et prudents. J’ai dit que ma conviction était que cette confédération ne devrait pas être réalisée, si elle devait faire disparaitre ou seulement affaiblir le bien qui nous attache à la grand Bretagne. Je suis en faveur de la confédération parce que je pense que l’établissement d’un gouvernement général pour tentes ces Provinces, raffermirait ce lieu qui nous est cher a tout. Je pense que chacun est d’opinion que toute nouvelle forme de gouvernement destinée a ces colonies, doit accroitre l’influence et le prestige de l’élément monarchique dans notre système politique, pour avoir une chance de succès.
(L’orateur fut interrompu par de chaleureux applaudissements, presqu’a chaque phrase de son discours.)
L’Hon. Dr. TUPPER dit qu’il avait obtenu de Son Honneur le Maire la permission de proposer une santé. (Cris de « McGee » et « continuez ») Quoique cette santé soit volontaire, je suis sûr que chacun la boira avec la plus parfaite cordialité. L’un des devoirs les plus agréables qui m’incombent en cette circonstance, comme l’un des délègues des Provinces. Maritimes, est celui des proposer, avant de nous séparer, la santé du Maire de Montréal, et de lui offrir nos plus sincères remerciments pour sa conduits si digne et si honorable à ce banquet. (App. Prol.)
Je savais que je n’en appellerais par en vain a votre bon sens, en vous demandant qu’il me fut permis d’exprimer la reconnaissance des délègues, pour l’honneur qui leur est fait dans cette circonstance. Montréal se distingue par le large esprit de sus citoyens, et par ses grandes entreprises commerciales, par le caractère, l’éloquence et l’[illegible] de ceux qui représentent ses intérêts en Parlement. Je ne suis pas surpris de l’empressement avec lequel vous avez appelé tout a l’heure l’hon. M. McGee, car c’est toujours avec un plaisir nouveau qu’on écoute cet homme d’était si éminent par son esprit large et son talent transcendant. S’il est quelqu’un qui ait le droit de se faire entendre sur la question d’une union intercoloniale, c’est bien M. McGee, lui qui a prêche cette union avec tant d’éloquence dans toutes les Provinces. En terminant, je demanderai à l’assistance de boire à la santé du Maire de Montréal et de Montréal même.
Reçu avec tous les honneurs. Plusieurs, voix continuent de demander M. McGee.
Le Maire se lève pour répondre. Je remercie, dit-il, les délégués pour l’honneur qu’ils me font en buvant à ma santé et à celle de la ville de Montréal. J’ignore ce que j’ai pu faire pour meriter cet honneur. Je promets cependant, comme citoyen de Montréal, de ne rien négliger lorsqu’il s’agira de promouvoir les intérêt de notre belle cité. (Vifs applaudissements.)
L’Hon M. McGee se lève alors. Pendant quelques secondes, les applaudissements l’empêchent de commencer; lorsque le silence fut rétabli, il dit :—Je n’ai pas l’intention de vous retende longtemps a l’heure qu’il est. Je me rappelle que lorsque nous visitâmes les Provinces Atlantiques ceux qui nous offraient à généreusement l’hospitalité se montraient toujours bureaux d’entendre et d’écouter les Canadiens. Pour ma part, je veux suivre leur exemple, et leur rendre le compliment, en écoutant bien ce soir! Néanmoins, comme j’ai été l’un des premiers politiques Canadiens qui ait fait la connaissance de quelques-uns des MM. ici présents, comme j’ai été en quelque sorte le pionnier de cette assemblée de famille de l’Amérique Britannique du Nord, je ne puis, en ma qualité de représentant de Montréal, ne pas approuver cordialement les paroles de bienvenue qui ont été prononcées et applaudies depuis le commencement de ce banquet. Oui, les Canadiens vous souhaitent [illegible] bienvenue, comme à des frères longtemps sépares ayant maintenant l’espoir d’être bientôt unis. Ils vous souhaitent la bienvenue comme à des gentilhommes accomplis, ainsi que votre noble conduite de ce soir en rend témoignage. Bienvenue de la part du Canada aux représentante du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, de Terre-Neuve, de l’Ile du Prince-Edouard.
Quant a moi, je ne fais pas un mystère du motif qui les amené ici. Et lorsque je pense à l’œuvre d’union qui les a occupes depuis quelques semaines, je leur souhaite une double bienvenue comme représentant de la première cite de l’Amérique Britannique du Nord. On m’assure que des citoyens ont souvent pose la question suivante : Pourquoi cette conférence à Québec, siégeant a huis-clos? Pourquoi tout ce mystère? pourquoi cette réunion des hommes d’état de toutes les extrémités de l’Amérique Britannique? Pourquoi les conseillers responsables des lieut.-gouverneurs des provinces du golfe désertent-ils leurs postes, pour venir à Québec se renfermer plusieurs par jour sans une chambre fermée au public? Quelques-uns ont dit que ces MM. avaient été élus pour administrer le gouvernement et les lois tels qu’ils existent, et non pour élaborer de nouvelles constitutions. Pourquoi viennent-ils donc ici travailler à jeter les bases d’une nouvelle constitution? Je vous en donnerai la raison, en vous rappelant le met donne au visiteur de St. Paul, en recherche du monument de Sir Christopher Wren— »Circumspice, » regardez autour de vous. Oui, regardez autour de vous, et vous verrez les motifs de cette réunion. Portez vos regards vers les vallées de la Virginie, et sur les hauteurs de la Géorgie, étudiez ce siècle de tremblements de terre et de perturbations politiques dans l’Amérique du Nord. Étudiez les hommes de ces provinces qu’on a appelés leurs hommes d’État, que l’Angleterre a prévenus solennellement et a plusieurs reprises par la voie de la presse, par des avis officiels et en parlement, que si le Canada ne voulait pas pourvoir à toutes les exigences du temps présent, l’Angleterre se trouvait déchargée de toutes les conséquences. Voila pourquoi elle nous a avertis que les choses ne pouvaient pas être dans l’avenir comme elles ont été dans le passe. (Applaudissements.)
Si on veut voir les raisons de la présente conférence, qu’on porte les regards au-delà de la frontière, et ou verra d’une manière évidente les causes de l’entreprise qui nous occupe depuis quelque temps. (Applaudissements.)
Il était nécessaire d’avoir pour nous l’appui cordiale et unanime de l’opinion publique et de la voix publique de la grande cité de Montréal. J’espère dans l’approbation de la grande majorité du peuple du Canada, sans distinction d’origine, de croyance on de race. Ce n’est pas le temps de soulever des questions de croyance, de race ou d’origine, mais c’est le temps de sauver ou de perdre l’Amérique Britannique du Nord. Si son sort n’était pas décidé avant dix ans, il le serait toujours dans un sens, et peut-être dans un sens condamnable. Si les trente-trois délégués ont cru aller en chambre a Québec, pour esquisser un plan qui doit être soumis au gouvernement impérial et à Sa Majesté en conseil, et au parlement impérial, avant laquelle présentation il n’est pas convenable de la soumettre en détail au peuple de ces provinces; si nous nous sommes enfermes dans un cabinet, au milieu d’une paix profonde, pour jeter les bases d’une nouvelle constitution pour ces provinces, nous avons notre justification dans la situation particulière des colonies anglaises d’Amérique vis-à-vis la république de l’Amérique du Nord, et dans les avertissements officiels et autres sur nos obligations au sujet de la défense, qui nous venaient d’autorités non douteuses, du siège même du gouvernement impérial. (Applaudissements.)
La conférence agit non pas dans le but d’émettre de nouvelles théories, mais avec l’intention de consulter les oracles de l’histoire de leurs races. Si nous bâtissons, nous voulons que ce soit sur anciennes bases (App.)
Nous ne voulons point construire un édifice avec une façade en pierre et le reste en plâtre, mais un solide maçonne anglaise, solide comme les fondations du phare d’Eddystone, capable de résister à la fureur des tempêtes et des vagues, et a l’action corrosive de l’atmosphère politique du nouveau monde, et qui restera pendant des siècles, comme une prouve de la solidité de sus institutions et de la légitimité de son origine. J’espère que dans la constitution politique de l’Amérique Britannique, se trouvera une revendication de l’honneur des races d’où elle tire son origine, le Normand belliqueux, le Saxon, le Celte, et le vigoureux et brave Scandinave, et toutes les races qui ont fourni ce grand tout qu’on appelle l’empire britannique. J’espère que cette constitution ne sera pas une imitation servile du républicanisme et qu’elle ne réalisera pas les prédictions si librement exprimées de quelques journaux de New-York, que l’union projetée ne sera qu’une démocratique déguisée. Non-seulement nous reconnaitrons le principe monarchique, mais nous construirons un édifice dont la pierre fondamentale sera l’union avec l’Angleterre, et dont le mur d’enceinte sera la liberté; le peuple sera libre tout en conservant le respect pour l’autorité et pour le trône, ainsi que pour ceux qui représentent ici le trône et l’autorité. (Applaudissements prolonges.)
En réponse aux bons souhaits du rédacteur de l’Albion de New-York qui a mis les Canadiens eu garde contre les réjouissances prématurées causées par les succès qui viennent d’être réalises. Comme on a fait pour la pose du câble transatlantique il y a quelques années, je puis assurer qu’il n’a pas cherche ni trouve la profondeur a laquelle le câble a été place. (Rires et app.)
Les membres de la conférence ne se sont pas rendus aussi loin sans s’assurer des opinions et des sentiments des autres. Ils n’ont besoin d’aucune avertissement télégraphique d’Angleterre pour se diriger; nous n’avons qu’a consulter la grande Charte et la Bill des Droits pour en recevoir toute l’inspiration nécessaire dans notre position actuelle. Tant que cette inspiration électrique prévaudra dans nos actes, ce que nous ferons à Québec sera approuve en Angleterre. En me présentant devant mes électeurs, je leur al parle, non pas comme citoyens ou représentant de Montréal, ni même comme habitant du Canada, mais comme désirant de tout mon cœur, dans mon humble sphère, organiser le spectacle dont nous sommes témoins ce soir. Je puis dire sans crainte et sans réserve de la part du Canada, que si nous avons cherche des alliances, ce n’est pas par des motifs mercenaires, mais par un sentiment de légitime défense. Si cette union se réalise, comme je le pense elle sera si richement dotée qu’aucun de ceux qui l’auront épousée n’occupera une position subordonnée, et nous pouvons dire que si le Canada a désiré cette union, ce que je crois quoique l’opinion publique du paye ne se soit pas complètement exprimée, ce ne fut pas par des intérêts égoïstes, mesquins ou mercenaires; et je puis dire de l’intelligence du Canada dans les affaires publiques et surtout de la cite de Montréal, qui sous quelques rapports, est le cœur et du public du Canada que chaque année, nos vues sont devenues plus larges et plus libérales, que les dissensions de sectes et de classes s’amoindrissent, que nous devenons meilleurs amis et que les hommes sont d’opinion que nous pouvons aller le dimanche ou nous voulons, ou nulle part si nous l’aimons mieux, et qu’a tout évènement, la semaine, dans nos relations sociales et d’affaires, nous nous conduisons comme il nous plait, sans nous couper la gorge les uns les antres pour l’amour de Dieu. (Rires et app.)
On peut dire qu’en Canada les haines religieuses sont au-dessous du pair; et s’il m’était permis, je métrais le doigt et montrerais ou le fanatique a perdu pied, et où il a montré le plus d’influence et de pouvoir, maintenant que personne n’est assez pauvre pour lui faire la révérence. Les fanatiques de toute espèce, catholiques comme protestants, fanatiques de race qui croient que leur nation est seule capable de faire quelque chose de bien; leur temps qui fut toujours celui des petites choses—Dieu sait combien petites—est passe en Canada, et chacun respecte les convictions des autres; nous sommes arrives au self government et nous témoignons que nous comprenons le mieux la liberté civile et religieuse nécessaire pour la conduite personnelle de tout homme, quelque soit sa race ou sa croyance, et pour laver son linge sale en famille, de peur de troubler ses voisins ou le public. (App.)
Nous pouvons dire que nous avons combine en Canada la liberté religieuse et la liberté politique. Je suis peine que nous ayons été trop longtemps dans le laboratoire politique de Québec pour qu’il soit permis—vu l’état avance de la saison—aux délègues avant de retourner dans leurs provinces, examiner cette grande province—grande par ses ressources, grande par ses mines, mais plus grande encore par la promesse qu’elle parait faire, qu’ici, dans l’Amérique Britannique du Nord, nous établissons la vraie liberté—cette liberté première consistant dans l’exercice sans entraves des droits de chacun, en respectant le même exercice chez les autres. (Applaudissements.)
Nous pourrons dire à nos Électeurs que si le Canada entre dans cette union, il y vient avec l’intention d’aider à la prospérité générale, et d’assurer le salut commun, et de travailler au règne de la liberté dans l’Amérique Britannique du Nord. (Applaudissements prolongés.)
L’Hon. M. GALT, qui fut appelé avec empressement et a plusieurs reprises, commença ainsi :
Je suis sûr que ce serait méconnaître la bonté dont vous avez fait preuve, si j’abusais de la patience du Maire, de Leurs Excellences et de toutes les personnes présentes, en faisant un long discours. J’interprète la démonstration actuelle comme un témoignage de l’intérêt général que l’on prend à la confédération projetée, et j’espère que la discussion de la question attirera encore davantage l’attention publique sur tous les cotes de ce grand sujet.
On verra alors que ce qui peut être avantageux aux intérêts du Canada l’est pareillement a toute l’Amérique Britannique et a la domination anglaise sur ce continent. Ce sera le plus sur moyen d’embrasser la question su point de vue de toutes les colonies, au lieu de l’embrasser au point de vue d’une province particulière. Car c’est en effaçant un peu sa propre individualité au bénéfice du corps tout entier, qu’on réussira à fonder ici un grand peuple digne des races dont nous descendons. Comme M. Cartier l’a si bien dit, il faut en entrant dans la confédération que chacun ait confiance eu ceux avec qui il vit depuis longtemps. Ce Monsieur a dit avec vérité que les Canadiens-Français pouvaient avoir confiance dans les Anglais du Bas-Canada et dans le peuple du Haut-Canada; je puis dire à mon le peuple du Haut-Canada; je puis dire a mon tour a mes compatriotes de ne point craindre les Canadiens-Français. (Applaudissements.)
Si les institutions libres ont produit quelque fruit en Canada, c’est bien par l’harmonie et la concorde. Il n’y a qu’a se rappeler les dissentions qui existaient ici, il n’y a pas encore un grand nombre d’années, pour s’édifier sur les effets d’un système de gouvernement bâsé sur la liberté. La liberté de la presse, la libre expression de l’opinion publique, a amené la possibilité de s’unir pour l’honneur et le bien de notre commune patrie. Voila ce qu’a accompli l’union du Haut et du Bas-Canada. Cette union a produit des fruits dont on peut admirer ici la magnificence plus que partout ailleurs; et je suis convaincu que l’extension de cette union serait avantageuse non seulement à Montréal, mais a toutes les parties du Canada, aussi bien qu’aux Provinces du Golfe. Il y a une chose à remarquer : nous avons été prives d’un porte de mer a nous pendant six mots de l’année; ce port de mer, nous pourrions le trouver dans la ville de St. Jean ou d’Halifax, chez les habitants de nos sœurs colonies; et nous serions délivres de la position de vasselage dans laquelle nous sommes places vis-à-vis de la nation voisine. On a dit qu’il ne fallait divulguer aucune secret; eh bien, je ne divulgue rien lorsque je dis que les questions relatives a la protection des anglais du Bas-Canada dans la confédération, ont été abordées par M. Cartier et par moi-même avec un esprit de libéralité qui ne doit point nous déshonorer.
Ce n’est pas peu de chose pour un peuple que d’abonner aux mains des autres ses perspectives d’avenir. Si des erreurs ont été commises, in tète en est plus coupable que le cœur; aussi, nous soumettrons nos actes à nos compatriotes, sans crainte du verdict; car nous savons qu’en le portant, on tiendra compte des difficultés qui étaient semées sur notre route. Français comme Anglais, nous avons pris la détermination d’amener, si c’est possible, un meilleur état de choses qui écarterait les troubles qui menacent de rendre très-difficile le gouvernement de ce pays, qui donnerait la paix au Canada, la prospérité a nos sœurs-colonies, l’honneur et la splendeur au pouvoir britannique sur ce continent. (Vifs applaudissements)